Zero Theorem de Terry Gilliam : Notre avis

Dès le début, nous sommes prévenu : ceci est un film barré, aux épisodes lyriques, limite bibliques – le héros habite une église tout de même – parsemé de folie et de questionnements profonds. Bref, bienvenue dans un film de Terry Gilliam !

Tentons de remettre un peu les choses dans l’ordre : Dans le futur (proche ?) un homme est assigné par son Big Boss – le mystérieux Management – à la recherche de la résolution d’un problème complexe : le théorème zéro. La solution à prouver ? que l’humanité ne sert à rien…
Qohen Leth, déjà bien dérangé par l’attente d’un coup de fil très très important (!!), s’enfonce un peu plus dans sa douce folie pour voir plus clair dans le théorème… Vous n’y comprenez rien ? C’est normal.

Ce futur, c’est un joyeux mélange d’actuel, de rétro et d’inventions qui se fondent parfaitement les uns avec les autres, créant une réalité en continu de la nôtre et permettant aux spectateurs d’intégrer très facilement ce nouvel univers. L’église de Qohen, décor principal, est le parfait exemple de cet amalgame de genre, à la fois désabusé et poétique.

Le décor planté, Terry Gilliam peut nous larguer dans un questionnement informatique et existentialiste. Quel intérêt a-t-on à prouver que l’humanité ne mène à rien ? Ce questionnement rendra-t-il le héros plus fou ou au contraire l’amènera-t-il à découvrir sa propre destinée ?

Le cheminement du film se fait dans un chaos joyeux entre un Christoph Waltz hébété par la vie, une beauté énigmatique interprétée par Mélanie Thierry qui tire son épingle du jeu, malgré un personnage un peu sous-exploité au final, et un ado génie de l’informatique qui a tout compris, lui, au sens de la vie. Le jeune Lucas Hedges d’ailleurs, est la véritable révélation de naturel du film.

Mais alors que le film en vient à son dénouement et que nous, comme le héros, arrivons enfin à certaines conclusions dans ce flot de questionnements, le générique coupe court et on reste un peu sur notre faim. Les questions métaphysiques ne sont certes plus vraiment en suspend, mais des questions plus terre à terre nous taraudent sur l’avenir des personnages. Une fin ouverte peut-être, mais un peu plus d’informations (comme c’est ironique !) auraient été bienvenues.

Le film s’inscrit parfaitement dans les thématiques du réalisateur, reprenant notamment des thèmes de Brazil ou de L’armée des 12 singes. Même s’il faut s’accrocher un peu, c’est un trip plaisant qui propose un voyage intérieur aux spectateurs et une vraie réflexion sur l’existence.

Le film sortira en salles le 25 juin

 MDZ