Wes Craven: l’époque des VHS et du cinéma effrayant

Wes Craven: l’époque des VHS et du cinéma effrayant…

À l’annonce du décès de Wes Craven, une chose étrange s’est produite en moi…cela m’a perturbé, pourtant je n’ai jamais fais parti de ses spectateurs aficionados de films d’horreurs, et pour être tout à fait honnête, ma culture cinématographique « rayon slasher-movies » se résume à la vision de quelques films de temps en temps… Pourtant, avec le recul, je me rends compte que ma mémoire m’a joué un sacré tour, et que ses films ont toujours été là, à un moment ou à un autre, et sont restés gravés dans ma mémoire…

Alors, je m’interroge ! Pourquoi prenons-nous conscience de ce manque une fois la personne partie ? Pourquoi vouloir faire « un retour sur » une œuvre (écrite, filmique ou même musicale) de la personne dite, comme si de son vivant, nous n’avions pas pris le temps de savourer chacune de ses création? Avec son décès, je me rends compte – peut-être – tardivement de son impacte sur un certain inconscient collectif, sur mon inconscient…

L’un de mes premiers film d’épouvante fût New Nightmare (Freddy sort de la nuit) je devais avoir un dizaine d’année (l’époque des VHS) puis Scream (que j’ai du voir quelques années après sa sortie). Mais ce n’est que bien plus tard, que j’ai redécouvert sa filmographie et pu apprécier d’un œil nouveau ce qu’il a apporté à un genre qui ne cesse d’évoluer avec son époque.

Wes Craven fait parti de cette génération d’auteurs, de réalisateurs qui ont su donner ses lettres de noblesses à l’horreur : George A Romero (75 ans), Tobe Hooper (72ans) et John Carpenter (67 ans).

Alors sa disparition marque le début de la fin d’un cinéma qui savait vous effrayer aussi bien sur le fond, que sur la forme : la force de la mise en scène, le partage des émotions par la musique, le montage, la lumière : une véritable ambiance tout simplement, bien loin du gore, de la violence et du sadisme gratuit et de surenchère sanguine clichée ! Exception faite depuis quelques années d’un renouveau du genre grâce à une nouvelle génération (Jaume Balagueró, James Wan, ou encore Scott Derrickson) qui a réussit à redonner un nouveau souffle à l’horreur.

Parmi la liste de ces réalisateurs, un nom me vient à l’esprit comme son digne successeurs: Eli Roth. Depuis Cabine Fever, l’acolyte de Quentin Tarantino a réussit à utiliser tous les codes du genre, passant même dans le gore, et jouant avec nos peurs. Avec la sortie de Knock Knock (thriller proche du huit-clos, jouant avec nos nerfs) et le futur Green inferno (film plus gore, qui nous fait penser au mythique Deliverance de John Boorman), Roth (tout comme Craven) est là où on ne l’attend pas, surprenant et inventif. Alors oui à cette rentrée, je n’ai qu’une seule envie : me replonger dans sa filmographie au travers de cinq de ses films originaux (oubliant leurs remake) et profiter des futures aventures de ses dignes successeurs.

L’une des incarnations de la terreur avait pour nom Wes Craven…

Adrien Phocas

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