Vinyl: (Presque) plus vite que la musique !

Insensible au grand bruit autour de la sixième saison de Games Of Thrones ? Ras-le-bol des spéculations autour de qui a tué Negan dans The Walking Dead ? Blasé des déboires de Meredith de Grey’s Anatomy ? On a peut-être trouvé la solution, un remède chic et choc. Tout droit inspiré des seventies, Vinyl a tout sauf du blu-ray usagé. Ou comment suivre les aventures de Richie, producteur de musique en pleine crise existentielle. A vos bons vieux tourne-disques.

vinyl_photoON SAIT QUE. Sur papier, c’est magique. Fantasmagorique même. Martin Scorsese, Mick Jagger, Terence WinterDes noms qu’on ne présente même plus, des pontes dans leurs professions respectives. Comment se planter quand en amont du projet se trouve pareils mastodontes ? Car il faut bien l’admettre, Vinyl est une réussite. On a beaucoup parlé du pilot, film de Scorsese en tant que tel, rave party de deux heures au rythme imparable. De quoi nous donner envie de lâcher deux minutes nos zombies et dragons et se taper une ligne de poudre magique en dansant torse-poil sur du Prince. Plus que la musique, d’excellente facture. De la réalisation, à couper la souffle, qui ne déçoit pas les épisodes qui suivent. Du respect de l’époque, tout en pantalon pattes d’éph et couleurs flashy. Un grand holà à Bobby Cannavale, magistral et si naturel dans ce rôle du beauf en pleine crise de la quarantaine. Il été déjà à un cheveu –frisé- de piquer la vedette à sa collègue Cate Blanchett dans Blue Jasmine de Woody Allen. A 45 balais, l’acteur du New Jersey semble avoir (enfin) trouvé un rôle à la hauteur de sa douce folie. A chaque goutte de sueur qui dégouline de son front, à chaque nouvelle prise presque fatale de cocaïne, à chaque coup de folie suivi de rein, on se demande comment réellement Richie Finestra peut continuer à aller tout droit. Voilà comment on devient addicts…

viny_003OR. Car tout n’est pas parfait et qu’on ne se remet pas aussi vite d’une gueule de bois que ses personnages, Vinyl a quand même quelques défauts foutrement critiquables. Si on chanté les louanges du petit Bobby, difficile d’en faire de même concernant le reste du cast. Of course, Juno Temple ne nous laisse pas insensible, elle qu’on avait repéré dans le si bon ciné indé de Gregg Araki. Mais elle reste curieusement fade, à l’instar du magnétique James Jagger, fils du grand patron. Tous ne semblent être là que pour faire de la figuration. Une évidence toute particulière concernant le personnage de la sublime Olivia Wilde, qui décidément peine à nous faire oublier numéro 13 de Dr House. Une inégalité qui, espérons-le, se dissipera au fil des épisodes voir des saisons. Autre pépin, et pas des moindres : ce sentiment insatiable de « déjà-vu ». Le final du pilot, ce meurtre burlesque voir pathétique ne vous rappelle-t-il pas un autre pilot ? Nip/Tuck en l’occurrence ? Comment ça, on va trop loin ? Alors reposons nous uniquement sur le pitch et rien d’autre. Un homme d’une quarantaine d’années, victime de ses démons du passé, monstre dans son domaine, délaisse totalement sa femme et ses collègues. Tandis que les plus jeunes lorgnent sa place, lui préfère n’en faire qu’à sa tête quitte à arriver en sang, totalement défoncé à une réunion de la plus haute importance. Sa femme au foyer, ancien modèle photo, avait trouvé espoir dans la thérapie. Que nenni. Pas de doute, Vinyl subit de plein fouet l’influence de l’indémodable Mad Men. Richie est le frère bâtard de Don Draper. Tandis que sa femme n’est autre qu’une pâle copie de Betty. Enfin, comment ne pas comparer Jamie à Peggy ? Comparaison n’est pas raison, il n’empêche que fermer les yeux sur pareille évidence ne relève plus de l’amour… Mais de la connerie.

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DONC. Vinyl, on mate ou pas ? Bah oui. Parce que même si la série semble être un spin-off non-assumé de Mad Men, même si Bobby Cannavale écrase de son embonpoint tous les autres, il est bien trop difficile de résister. Cocktail explosif et hallucinogène, rythmique dynamique pour ne pas dire parfaite, Vinyl nous déçoit uniquement car quand on aime, on est exigeant. Et avec pareil coup de cœur, on est tout à fait en droit d’en attendre plus. A vos yeux et vos oreilles de vous faire alors votre propre opinion.

Mélissa Chevreuil.