Vice-Versa: Notre avis sur le dernier Pixar

Étant enfant, ça ne vous est jamais arrivé d’imaginer que vivaient dans votre tête des petits êtres qui influençaient vos actes ou encore vos émotions ? C’était mon cas. Sans doute était-ce dû aux nombreux dessins animés Il Était une fois la vie que j’enchaînais avec un rythme effréné devant ma télévision cathodique à l’époque. Toujours est-il que lorsque j’ai appris que Pixar s’attelait à la production de Vice-Versa (Upside Down en version originale) j’ai tout de suite été ramené en enfance. C’est donc tout naturellement avec impatience que j’attendais la sortie du nouveau film des studios Pixar. Une impatience mêlée d’une certaine appréhension toutefois, car j’avais tout de même du mal à imaginer comment un film entier pouvait être bâti sur un gimmick comme celui-ci.viceversa critique

C’est donc avec toute cette impatience et cette appréhension que je me suis rendu en salles pour découvrir enfin le nouveau long-métrage du studio passé maître des histoires et des univers originaux. Vice-Versa raconte l’histoire d’une jeune fille Riley et des petits êtres qui vivent dans sa tête : Joie, Tristesse, Colère, Peur et Dégoût. Situés dans le centre de commande du cerveau de Riley, chacun d’eux influence ses émotions et ses souvenirs. Quand Riley gagne un match de hockey sur glace, Joie est aux anges. Lorsque Riley a passé une sale journée et que son père commence à lui chercher des poux, c’est Colère qui prend les commandes, pour le meilleur comme pour le pire. Dans le cerveau de Riley, tout fonctionne parfaitement. Jusqu’à ce que ses parents soient forcés de déménager pour suivre la mutation du père. C’est là que les ennuis commencent.

Totalement désorientée, Riley perd ses repères et perd son goût de l’aventure. Dans le centre de commandes, les émotions ont du mal à se faire entendre et perdent peu à peu leur lien avec Riley. Vice-Versa nous propose une épopée à l’intérieur d’un cerveau en plein passage à l’adolescence. Catapultée hors du centre de commandes, Joie et Tristesse vont devoir apprendre à travailler ensemble pour sauver la personnalité de Riley. Leur épopée les emmènera dans différents endroit du cerveau, là où l’imagination est sans borne, ou encore là où l’inconscient sommeille. Une chose est sûre, les scénaristes Pete Docter, Meg LeFauve et Josh Cooley ont fait leurs recherches et bâtissent avec brio un univers très original dans lequel leurs personnages peuvent se mouvoir sans mal tout en gardant une belle fluidité dans l’esprit du spectateur.

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C’est aussi l’occasion pour les artistes des studios Pixar de donner corps à des décors et des personnages qui ne sont pas régis par le plus pur réalisme. Le tout donne une sentiment assez rafraîchissant de redécouverte du studio dont la patte est pourtant très reconnaissable. On notera également les jolis références qui parsèment l’écran et qui feront plaisir à ceux qui aiment laisser vaquer leur regard sur l’arrière-plan pour en découvrir les secrets. Visuellement, Vice-Versa est un Pixar de haute volée : un univers original porté par une direction artistique qui se redécouvre enfin.

Notons tout de même que Vice-Versa semble être un film destiné à un public un poil plus âgé qu’à l’accoutumée. Je n’ai pas l’impression que les plus jeunes pourront profiter du long-métrage comme ça a toujours été le cas des anciens Pixar. Ici, Vice-Versa se montre un peu plus complexe, souvent triste malgré les belles explosions de bonheur que nous réserve le film. On a pu entendre des enfants pleurer au deux-tiers du film, ce qui est signe qu’ils réagissent et comprennent bien ce qui s’y déroule. Vice-Versa n’en demeure pas moins une belle aventure rythmée et rafraîchissante, avec des passages drôlissimes comme plus mélancoliques. En somme, Vice-Versa nous fait voyager au côté des émotions et à travers les nôtres. Un film à voir pour tous ceux qui doutaient encore de la puissance narrative et créative de Pixar.

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