UnReal – Petit speed-dating entre désaxés!

On pensait connaître tous les rouages de la télé-réalité et pourtant. UnReal, petite série sans prétention nous prouve qu’il y a bien plus que des bulles et de la mousse derrière les cascades de futures Loana en puissance, prête à tout pour remuer piscines, jacuzzi et audimats. Zoom sur la série à suivre cet été pour se la péter durant votre prochaine soirée barbec’.

UnReal, ça raconte quoi ? Quinn King (absurde jeu de mot on en conviendra) dirige d’une main de maître son émission de dating Everlasting, équivalent du Bachelor. Épaulé par son amant Chet et sa protégée Rachel, tous les trois façonnent et proposent du pur divertissement où les femmes ne sont que des moyens d’avoir le plus grand public accro au poste que possible. Dix ans que le show dure mais la magie opère toujours autant. Il faut dire qu’entre le brillant casting et les cordes tirées par ce trio d’experts, la ménagère en a pour son argent. C’était sans compter sur la potentielle rechute de Rachel, survivante d’un récent burn-out et bien décidée à ne pas pourrir comme sa mentor dans l’industrie de la télé-poubelle.

UnReal, c’est trash ? Oui, et pas qu’un peu. Mais d’un point psychologique avant toute chose. Si Chet ne dit jamais non à un joli plan serré sur les poitrines (souvent) refaites de ses candidates, tout se joue en « off ». Pour avoir le meilleur show possible, prometteur de bonnes audiences, donc de pérennité (et paradoxalement promesse possible d’une future sortie), Quinn et sa discipline Rachel ne reculent devant rien ou presque. Mensonges, manipulations, les deux showrunners n’ont aucun tabou ou scrupule. Faire passer pour fou un candidat, le droguer, ou le piéger devant les caméras forment leur petit sport quotidien. Bien sûr, de temps à autre, l’hésitation et la morale pointent le bout de leurs nez. Rassurez-vous, cela ne dure jamais bien longtemps.

Le reste de l’équipe, tous aspirants producteurs aux dents rayant le parquet sont bien vite contaminés par le virus audimat. Encore plus contagieux et vicieux que Zika. Si bien que Rachel, terriblement attachante malgré ses coups bas et ses cheveux gras, est obligée de se débarrasser du moindre doute à grand coup de médocs anti-dépresseurs et fornications musclées. Car oui, alors que la saison 2 n’est toujours pas achevée, il faut bien avouer que les équipes d’Everlasting composent une belle et grande famille consanguine où tout le monde léchouille tout le monde. Devant ou derrière les caméras.

UnReal, c’est cliché ? Forcément. Mais tout à fait consciemment et pour cause : la série est une mise en abyme. Un clin d’œil presque forcé aux réelles émissions de dating qui polluent nos télévisions. Et l’hexagone n’est en rien épargné, pas même quinze ans après ses premiers essais avec Secret Story. Le bachelor, la belle et ses princes, l’amour est dans le pré… Ces programmes de qualité somme toute discutable, et à l’audience qui laisse perplexe ont toujours autant pignon sur rue (enfin sur votre salon). L’émission fictive Everlasting se fait donc un plaisir de réunir tout ce qu’on retrouve dans les traditionnelles émissions de speed-dating. Un bellâtre en mal d’amour mais surtout d’argent et de notoriété face à une dizaine de pouffiasses prêtes à vendre tout ce qui reste de vierge en elles contre leur quart d’heure de gloire Warolien.

Mais au-delà de tous ces candidats si facilement manipulables se cachent de vraies, touchantes, poignantes personnalités. Même si, avouons-le : le duo féminin, Quinn/Rachel reste celles qui déchainent toute attention, passion et engouement. Si fortes et fragiles à la fois, rarement les séries TV n’ont vu des personnages féminins avec une paire aussi imposantes. Et on vous ôte d’un doute : on ne parle pas de seins.

Mélissa Chevreuil