Under The Skin : Notre avis

Le cinéma expérimental est connu pour diviser les foules, Under The Skin de Jonathan Glazer ne fait pas exception. Si les nus de Scarlett Johansson vous raviront pour la plupart, la mise en scène et la direction artistique vous laisseront très perplexes. Il est difficile de décrire le sentiment dégagé par le film. Entre l’interrogation et la fascination malsaine, vous ne ressortirez pas l’esprit tranquille.

On ne va pas se mentir, l’intrigue se tient grâce à cette Scarlett séductrice et glaciale, dépourvue d’empathie, enlevant les hommes un à un pour les envoyer dans les limbes de l’univers. Le jeu de l’actrice est de qualité. Son personnage est exactement comme le décrit le roman éponyme de Michel Faber (Under The Skin, 2000) : imprévisible, mystérieuse, cruelle et inquiétante.

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Le reste du film est comme son personnage central, un OVNI, à commencer par sa mise en scène. Loin, très loin de l’éternel cliché des extra-terrestres venus détruire la Terre en soucoupe volante à la Mars Attack, les kidnappings s’effectuent de manière lente, calme, froide, sans douleur ; exactement comme l’ambiance générale. C’est là que vous serez le plus divisés : certains trouveront cela novateur, d’autres souhaiteront plus d’action. Autre point contrant les modèles, l’apparence de l’extra-terrestre. Oubliez E.T. et Rencontres du troisième type mais pensez plutôt au Gendarme et les Extra-Terrestres. Bien qu’elle ne soit pas en métal ni dotée de lasers, elle a une allure humaine.

La musique signée Mica Levi se rapproche davantage des autres films du même thème. Froide, parfois saccadée, inquiétante, stimulant ainsi une certaine angoisse. La photographie sort véritablement du lot uniquement lors des scènes de rapt. Les décors dématérialisés nous conditionnent dans une sorte d’étau infini et nous mettent de plus en plus mal à l’aise.

Cependant le film est inabouti, et ceci pour deux grandes raisons. La première est que l’on ne sait jamais ce que deviennent ses hommes prisonniers à cause de leur désir sexuel. Sont-ils tués ? Sont-ils emmenés pour être étudiés ? C’est à vous de l’imaginer ! La succession des enlèvements nous font penser que le dénouement sera une réponse. Finalement, c’est plutôt une multitude de questions. Deuxièmement, certaines scènes sont inachevées, voire incompréhensibles. Pourquoi prend-t-elle cette décision ? Pourquoi tue-t-elle cet homme mais pas celui-ci ? Nous ignorons tout de cette femme intergalactique, instaurant ainsi une immense frustration chez le spectateur.

A la fois étrange et intriguant, Under The Skin laisse perplexe par les nombreuses questions qu’il laisse derrière lui. Unique en son genre, il est principalement un tableau de la nudité de Scarlett Johansson. Visuellement intéressant, il se définit aussi par son manque de dialogue et la dominance du sous-entendu. Mené par le panache du jeu de l’actrice, ce film s’inscrit malgré lui dans une veine féministe. Et si le but de tous ces rapt était de montrer que les hommes sont esclaves de leur désir sexuel ?

 

Christelle Cozzi