The Strain: Une excellente série de vampires à la Del Toro

Depuis des années, des décennies, des siècles, le thème du vampire n’a cessé d’inspirer les artistes. C’est en 1897, que l’écrivain Bram Stoker a mis en lumière l’histoire du père de tous les vampires : Dracula. L’histoire d’un être immortel qui se nourrit du sang des vivants et les transforme à leur tour en vampire ! Tel est le postulat de base du mythe des vampires ! Depuis, l’héritage littéraire ou cinématographique n’a jamais vraiment cessé, car l’univers vampirique a toujours fasciné l’Homme. D‘Anne Rice avec sa série Chroniques des Vampires ( débutée en 1976) à Stephenie Meyer et la saga Twilight, il n’y a qu’un pas.

Entre temps, il y a eu aussi de nombreuses adaptations cinématographiques : de Nosferatu de Murnau en 1922 à Dracula Untold (2014), en passant par Entretien avec un Vampire (1994) ou Byzantium (2012) de Neil Jordan. Il paraît donc logique que la télévision décide de s’emparer de cette thématique inépuisable !

Lorsque l’on parle de Vampires sur les petits écrans vient très rapidement à l’esprit la mythique série Buffy The Vampire Slayer (1997-2003) ou Angel (1999-2004) séries crées par Joss Whedon, True Blood (2008-2014) d‘Alan Ball ou encore The Vampire Diaries (depuis 2009) de Kevin Williamson. On aurait pu croire que la TV aurait fait le tour de la question qu’est le vampire, mais, le réalisateur Guillermo del Toro a décidé de se lancer dans la création d’une série TV, en adaptant sa propre trilogie littéraire The Strain ! Une première saison couronnée de succès, proposée aux téléspectateurs Américains en juillet dernier !

Alors, la thématique vampirique a t-elle été trop exploitée ou bien cette nouvelle série ouvre t-elle de nouveaux horizons ?thestrain pic003.jpg

Cette première saison est une réussite sur différents points, dès le pilote, une ambiance particulière est installée, et c’est ce qui différencie cette série à toutes les autres qui ont pour thème ce sujet. La force de Guillermo del Toro réside sur le fait que dès les premières images nous sommes dans un univers contemporain avec une thématique maîtresse actuelle : un épistémologiste est envoyé à l’aéroport JFK après qu’un avion, tout fraîchement posé, ait coupé tout contact avec l’extérieur. Aucun signe de vie des 250 passagers, les autorités craignent qu’un virus ne soit à l’origine du mystère et envoient ce spécialiste sur le terrain afin de mieux comprendre la situation ! Utiliser la thématique d’un virus pour exploiter la mythologie du vampire est très judicieux et intelligent, car, si on creuse un peu l’Histoire et la création du mythe, tout part de là !thestrain pic002

Viens ensuite différents éléments (aussi bien sur le fond que sur la forme) étranges, dérangeants, qui vont rapidement nous faire comprendre que derrière cette épidémie, se cache en fait une organisation méthodique, des forces obscures voulant le pouvoir sur nous autres pauvres humains ! Là où la série aurait pu partir dans des chemins bateaux et utiliser la facilité des codes de la littérature vampirique, The Strain nous surprendra tout au long de ces 13 épisodes en jouant sur nos peurs passées et actuelles en revisitant les petites histoire et la grande Histoire !

Certes, par moments, la série prend un certain temps à nous embarquer dans des enquêtes scientifiques, mais on lui pardonnera tellement le jeu des acteurs prend le dessus !

The Strain n’hésite pas non plus à effrayer le spectateur en misant sur l’horreur, et la violence des coups. Les scénaristes n’ont pas de limites et c’est tant mieux.

thestrain pic005.jpg

Si l’intérêt de The Strain réside dans son esthétisme et son ambiance (la scène pré-générique de l’épisode 1×03 avec le personnage Thomas Eichorst est mémorable), son casting 4 étoiles est un atout considérable ! Corey Stoll (House of Cards) dans le rôle principale de cet épistémologiste est convaincant ! Richard Sammel lui, nous prouve une fois de plus l’étendue de son talent, avec un rôle complexe et glacial ! (et il est certain que ce personnage saura nous surprendre de plus en plus dans la prochaine saison). Un troisième rôle tire son épingle du jeu et confirme que cette série sait utiliser les codes du genre : David Bradley (Game of Thrones, Broadchurch, Harry Potter…) campe ici un Van Helsing des temps moderne vraiment intéressant ! Notons aussi la sympathique performance de Jack Kesy en rockeur/punk/vampire aux allures flippantes au fil des épisodes.

thestrain pic001

Sur le fond, The Strain, ce qui est intéressant, souhaite par le biais de la thématique des vampires, traiter de sujets plus profonds et actuels que notre société entend (l’immigration, la peur d’un virus mondial, le terrorisme, l’étranger, la solitude…). Cela reste subtil, mais très bien amené et plutôt malin ! Si nous avions un reproche à faire, nous pourrions peut-être tirer du jeu certaines facilités scénaristiques parfois non logiques, mais qui nous l’espérons sont de simples préparations de paiement pour le futur !

Cette première saison mérite le coup d’œil, aussi bien pour un esthétisme agréable et travaillé, que pour le fait qu’ici nous n’avons pas à faire à une énième série qui traite des Vampires, cela va bien au delà !

Pour rappel, (re)découvrez nos deux interview avec l’acteur Richard Sammel, il nous parlait de son expérience à l’occasion du tournage de la première saison et de son expérience à la San Diego Comic-Con au côté de Guillermo Del Toro.

 A.P