The Strain : Des morts vivants ambitieux !

La nouvelle série de FX, The Strain, vient clairement chasser sur les terres de The Walking Dead. Non seulement parce qu’elle est diffusé le même jour (le dimanche soir) mais aussi parce qu’il s’agit une nouvelle variation de l’histoire de zombies. Guillermo Del Toro et Chuck Hogan avaient écrit les livres en attendant de trouver un acheteur pour la série, ce qui est chose faite. Le cinéaste ajoute son nom à la longue liste des metteurs en scène passant du grand au petit écran. On retrouve donc avec bonheur la patte du cinéaste dans ce premier épisode réussi.

 Tout part d’un avion, posé sur une piste de l’aéroport JFK à New York, qui ne présente aucun signe de vie. Le docteur Ephraïm Goodweather (Corey Stoll, le Peter Russo de House Of Cards) convainc les officiels présents sur place d’aller jeter un œil à l’intérieur pour observer quelle mystérieuse maladie a pu décimer les passagers. Parmi les bagages se trouve une boîte remplie de terre, dont personne ne sait ce qu’elle fait là. Ces événements sont le point de départ d’une épidémie qui transforme les gens en mort-vivants, à qui il semble rester un semblant d’humanité.

On retrouve ici les thèmes chers à Guillermo Del Toro : ses monstres au physique si particulier, la volonté de l’homme à se transcender (voir Pacific Rim) et l’enfer. Et chez Del Toro, la guerre n’est jamais vraiment très loin (voir Le Labyrinthe de Pan ou Hellboy). Ici, le personnage qui incarne la thématique est Abraham Setrakian, un rescapé de l’Holocauste incarné un David Bradley méconnaissable (le Walder Frey de Game Of Thrones).

Les lubies de Del Toro s’intègrent plutôt agréablement dans un épisode bon mais somme toute assez classique. Le doc Ephraïm Goodweather est la déclinaison version médecin des flics des productions des grandes chaînes : excellent dans son travail mais en proie à des problèmes de couple pour son absence au foyer familial. Pour autant, on sent bien que l’histoire se veut ambitieuse puisque le spectateurs va vraiment suivre l’épidémie de ses débuts à sa propagation. Si l’on ajoute à ça le mystérieux personnage de Richard Sammel, le parrain de Skript.fr (redécouvrez notre interview), de son patron, et l’apparition d’un monstre diabolique, cela donne un cocktail qui donne furieusement envie de poursuivre la série.

On constate une très légère ressemblance avec la série Fringe, dont l’épisode pilote partait de la même intrigue à base d’avion sans aucun signe de vie à bord. On pressent également que Abraham Setrakian va faire équipe avec Ephraïm et son équipe ; là aussi un peu comme dans Fringe ou un vieillard un peu fou s’associait avec de jeunes enquêteurs. Mais la ressemblance s’arrête ici. Les bases posées par l’épisode pilote semblent assez solides pour que la série trouve sa propre identité.

La série dispose d’un gros point fort : le fait que les livres soient déjà écrits. Guillermo Del Toro et Chuck Hogan ont d’ailleurs décliné les propositions d’adaptation avant que les livres ne soient vraiment terminés, pour ne pas influencer le processus d’écriture. Cela pourrait rassurer les spectateurs qui auraient peur de voir The Strain sombrer dans le grand n’importe quoi, faute d’avoir les moyens de ses ambitions. Ici, FX a parié sur la série en connaissance de cause et les scénaristes ont une véritable feuille de route.

Martin C