The Leftovers : Une série haletante et psychologique

Dimanche soir, la chaîne américaine HBO diffusait le dernier épisode de The Leftovers. Une série qui nous plonge dans l’univers de Mapleton, petite ville de l’Etat de New York, trois ans après que 2% de la population mondiale a disparu.

Rien n’est fantastique tout est psychologie

En débutant The Leftovers, on ne peut nier avoir une seule réelle attente de la série : qu’elle nous explique pourquoi et comment tous ces gens ont disparu. C’est le mystère qui fait appel au fantastique et sert de postulat à l’intrigue. Mais, au bout de quelques épisodes, la série réussit à nous faire oublier cette attente. Plus rien à faire de savoir quelle force mystique a pu faire s’envoler d’un coup plus de 100 millions de personnes. Le but de la série est tout autre et on le comprend au bout de trois à quatre épisodes. Rien n’est fantastique, tout est psychologie. Après la tragédie, tout a changé pour ceux qui ont perdu des proches, mais aussi pour ceux qui n’en ont pas perdu, comme la famille Garvey, que l’on suit particulièrement dans la série. Certains essayent d’oublier et tentent de reconstruire une vie normale, d’autres s’engagent dans des sectes, comme les Guilty Remnant et sont prêts à tout pour qu’au contraire on n’oublie jamais ce qui est arrivé.

Mais, tous semblent complètement détruits psychologiquement. Et c’est là la richesse de The Leftovers, puisque, épisode par épisode, on arrive à obtenir des clefs sur les personnages, sur leur psychisme et sur ce qui a changé pour eux depuis le fameux 14 octobre. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est une série dramatique, et elle nous offre finalement peu de répit tant elle est intense et haletante.

The Leftovers

 

On navigue dans un flou

Après deux épisodes qui servent principalement de mise en place et dans lesquels on a du mal à s’accrocher et à tout saisir, la série prend un tournant dans l’épisode 3, centré sur Matt, l’ancien révérend. C’est à ce moment qu’elle devient plus psychologique, et qu’elle s’éloigne de ce que l’on pourrait attendre d’une série classique, pour nous offrir un drame d’un nouveau genre. On navigue dès lors dans un flou. Un flou entre songes et réalité, entre ce qui est bien ou mal. Et chaque épisode nous y emmène plus profondément, jusqu’à la fin, où l’on commence à voir un peu plus clair dans cet univers pesant.

L’épisode 8, Cairo, reste au final comme l’un des épisodes les plus marquants, à la fois par son impact sur l’intrigue mais aussi par la manière dont il est réalisé. Fonctionnant à la manière d’un thriller, celui-ci est superbement mené, depuis les premières minutes au son religieux de I been bucked, jusqu’à la toute fin. Et finalement c’est tout aussi habilement que les créateurs de la série nous offrent à l’épisode suivant le seul et unique répit : un retour en arrière. On s’éloigne alors de la pesanteur post-apocalyptique de Mapleton, pour revenir trois ans plus tôt, le jour des disparitions auprès de la famille Garvey, qui organise un anniversaire surprise pour le grand-père. On perçoit alors des blessures et tortures psychologiques plus profondes que la disparition a accentué. Un moment qui ne dure que le temps d’un épisode avant le final de la saison, qui reprend là où il nous avait laissé à la fin de l’épisode 8.

Au moment du dernier générique de fin, le spectateur est un peu perdu, à l’image des personnages qu’il a suivi durant dix épisodes. The Leftovers nous a fait plonger au milieu du chaos et on n’a pas envie de remonter à la surface. On ne sait pas quoi attendre de la deuxième saison, et ce n’est pas plus mal.

Par Jimmy Darras