The Immigrant de James Gray : Notre Avis

1921. Ewa (interprétée par Marion Cotillard) et sa sœur Magda (Angela Sarafyan) quittent leur Pologne natale pour la terre promise : New York. Après leur arrivée à Ellis Island, Magda, atteinte de tuberculose, est placée en quarantaine. Ewa, seule et désemparée, tombe dans les filets de Bruno Weiss (Joaquin Phoenix), un souteneur sans scrupules. Pour sauver sa sœur, elle est prête à tous les sacrifices et se livre, résignée, à la prostitution. L’apparition d’Orlando (Jeremy Renner), illusionniste et cousin de Bruno, lui redonne confiance et l’espoir de jours meilleurs. Mais c’est sans compter la jalousie de Bruno…

Avec The Immigrant,Marion Cotillard arrive à nous faire oublier la pathétique mort de son personnage (Miranda) dans The Dark Knight Rises de Christopher Nolan en 2012, qui avait provoqué beaucoup de railleries, notamment sur les réseaux sociaux. Dans le film, son personnage, provoque à la fois le mépris, l’énervement et la bienveillance. Sa personnalité est multiple. Tantôt prête à tout pour sauver sa sœur, elle peut aussi se montrer froide et rejeter l’amour de tous. Avide de vengeance, elle se sert aussi des autres comme on a pu se servir d’elle.

Joaquin Phoenix, après une bonne interprétation dans The Master de Paul Thomas Anderson début 2013, divise l’avis du spectateur par son personnage de Bruno Weiss : proxénète égoïste, cupide et détestable ou amoureux transit et désespéré ?

Jeremy Renner, principalement connu pour ses rôles dans de gros blockbusters (The Bourne Legacy de Tony Gilroy en 2012, Avengers de Joss Whedon en 2012, et d’autres…), innove avec le rôle d’Orlando, un magicien au passé trouble. Il nous apparaît dans un premier temps comme étant un potentiel good-guy de l’histoire, mais le mystère finit par s’épaissir autour de lui. Et si ses intentions étaient plus sombres que celles de Bruno ?

James Gray signe un nouveau film en compagnie de son acteur fétiche, Joaquin Phoenix, que l’on a pu voir en tête d’affiche de The Yards (2000), de La nuit nous appartient (2007) et de Two Lovers (2008). Le trio amoureux est d’ailleurs un clin d’œil à Two Lovers. Une fois de plus James Gray nous offre un film fort avec un bon scénario, bien que moins bien travaillé que ses précédentes productions.

The Immigrant dispose au premier abord, de toutes les caractéristiques d’un grand film. L’immersion dans les années 1920 est totale, les décors et les costumes sont très réalistes et le jeu des acteurs est de qualité. Le principal et seul véritable problème réside dans le scénario. La vraisemblance est à revoir, notamment lors des deux scènes où Ewa est sauvée par Bruno. Tout ceci manque de crédibilité à notre goût.

Ce film reste néanmoins une très bonne peinture du milieu de la prostitution de la société américaine des années 1920. L’ambiance paraît assez réaliste, ce qui rattrape les erreurs de crédibilité suscitées. The Immigrant est un film aux dimensions multiples. Il est le mariage parfait et fort captivant entre le drame social et amoureux.