«Vieux mais pas obsolète », nous répète le T-800 au cours du film. « Bien mais pas top » nous aurions aimé lui répondre après avoir découvert ce cinquième opus d’une saga mythique qui semble vouloir renaitre à nouveau 31 ans après le premier volet et 6 ans après sa « seconde 1ere renaissance« …
Je vais être honnête, comme bon nombre d’entre vous, je fondais beaucoup d’espoir au vu des premières photos de tournage apparues sur le net, on pouvait d’ores et déjà y voir un T-800 grisonnant, en adéquation avec son « cult-urisme » d’acteur. Puis, face aux premiers teaser, la peur a remplacé la joie, puis la honte (excusez-moi, mais cet avatar 3D de Schwarzy était déjà honteux à l’époque de Salvation, alors le revoir dans les premières bandes-annonces en 2015 m’a donné plus qu’envie de m’ouvrir les veines façon Drive). Le coup de massue final a été la promo catastrophique de ce film (où le spoiler fut officiel) s’en suit du « James Cameron approve » qui n’a fait qu’empirer mes craintes… Alors imaginez moi, en entrant dans cette salle obscure, me persuadant d’en avoir trop vu en amont (facile à dire, mais en 2015, très difficile à faire), et espérant que toutes ces péripéties ne soient qu’une immense blague…
Verdict : Terminator Genisis. est un blockbuster estival qui se laisse agréablement regarder, mais qui aurait put être un très bon film si « John Connor » n’avait pas été là ! Explications…
Du point de vue du scénario : En effet, le gros point noir du film reste très probablement cette storyline autour de ce John Connor qui « pourrit » le film tel un virus. Jason Clarke ne convint pas du tout. Si Bale n’avait clairement pas fait des merveilles dans Terminator Salavation en 2009, il faut reconnaître qu’ici, aussi bien la prestation d’acteur que l’écriture du personnage ne sont pas du tout à la hauteur du personnage mythique de John Connor. Avec un tel scénario et cette histoire de voyage dans le temps, il aurait été peut-être plus judicieux et intelligent de faire appel à Edward Furlong.
Concernant Sarah Connor, c’est un peu la même chose… Emilia Clarke est convaincante dans la première (excellente) partie du film… mais histoire de boucler la boucle: Linda Hamilton n’aurait-elle pas été parfaite ?
Et Schwarzenegger dans tout cela ? La vieillesse lui va si bien ! Le Governator réussit le pari de jouer une vieille machine presque rouillée sans trop en faire, le tout en étant crédible. En espérant le revoir prochainement dans cette même lignée… Maggie, sorti il y a quelques semaines était d’ores et déjà un premier bon exemple de ce nouveau retour post-Expendables. A noter aussi la confrontation entre les deux T-800, finalement plutôt agréable.
Les trente premières minutes du film sont excellentes: visuellement, les effets spéciaux sont de bonnes factures et plutôt réussis, dans la lignée de ce que nous avions rêvé en 1984 et entr’aperçu en 1991 et 2009. La possibilité de visualiser et s’assister à cette période post-Jugement dernier est enfin possible… mais le plaisir ne dure jamais assez longtemps et cela reste fort dommage pour le spectateur qui en demande (peut-être ?) encore et toujours plus !
Côté bande sonore, ce nouveau Terminator aura pu ou du jouer un peu plus la carte des silences ou des sons « bruts » (à l’instar du premier opus). Lors de la confrontation avec le T1000 2.0, le travail sonore des impacts de balle semble vraiment exagéré. Cependant bonne nouvelle pour les fans de la première heure: le thème mythique de la franchise refait surface avec ses quelques notes… parfois maladroitement utilisé.
Enfin pour ce qui est de la réalisation et du montage, le spectateur assiste à un blockbuster estival par excellence, avec ses deux ou trois scènes d’actions vraiment emballantes et excitantes, parfois à la limite du « WTF » ! Le montage rend tristement ces quelques scènes attrayantes (sur le papier), juste banales. Mais après tout, qu’attendre de plus que du fun, de l’action et encore une petite dose de fun ? A noter des touches humoristiques qui fonctionnent très bien dans la salle. Juste ce qu’il faut au bon moment.
Le terme « Genesis » quant à lui trouvera son explication au cœur du film dont l’idée de base reste une nouvelle fois très intéressante sur le papier, mais peut-être trop prétentieuse pour la mise en scène parfois lisse et sans couleur d’Alan Taylor… Dommage.
Pour conclure, Terminator Genisys est un film en demi-teinte, avec ses moments quelquefois vraiment incroyables ou mon âme de gamin retournait sans hésitation en 1984 (grâce à une photographie hommage). Le véritable problème de cet opus restera probablement dans sa communication…les premières apparences furent trompeuses et induiront probablement spectateur en erreur et peut-être même en horeur… La force du film réside là où on ne l’attend pas, dans ces petits moments de grâce…
Adrien Phocas
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