Supergirl: Notre avis sur le pilot de la série !

Le projet Supergirl était apparu comme un cheveu sur la soupe ou tout au plus comme l’un des innombrables projets d’adaptation de super-héros sur le petit écran… À la différence près que ce show se devait de mettre au premier plan, comme le titre l’indique, une super-héroïne (dixit un personnage féminin ayant des pouvoirs) et non plus un super-héros ou groupe d’agents !

Si la première photo officielle de la comédienne en costume n’aura pas su séduire tout le monde, l’uniforme étant pourtant assez fidèle au matériel d’origine, le long de trailer de six minutes aura probablement rassuré quelques fans… mais manque de bol, ou stratégie de communication oblige (on se rappellera de cas assez similaires pour The Flash et Constantine), le pilot de Supergirl a été leaké il a quelques heures… en langage Français: le premier épisode de la série a été « malencontreusement » proposé/diffusé/envoyé/téléchargé sur l’internet… Un moyen habile pour la chaîne (ou pas) de sonder les spectateurs et réajuster certaines petites choses quant à l’écriture de la première saison. Mais alors que penser de ce retour de Supergirl ? supergirl photo001

Là où certains craignaient de (re)voir un Smallville, l’origin story du personnage de Supergirl est assez rapidement balayé, quelques (malheureux) plans sur la planète Krypton, une explication expéditive de son accident dans son vaisseau à travers les étoiles, la rescousse de son cousin Kal-El puis la rencontre avec ses parents adoptifs et le tour est joué (nous en sommes à 2 minutes à peine du début). Et c’est tant mieux ! Le pilot installe pour autant quelques pistes sur le passé de l’héroïne et celui de ses (véritables) parents, un moyen habile de faire des aller-retours scénaristiques sur Krypton.
Très vite arrive alors le quotidien de la cousine de Superman… très axé « girly« : un mélange entre Sex and the City et Le diable s’habille en Prada qui étonnamment n’est finalement pas pour me déplaire. Assez léger, parfois il faut l’avouer un brin ridicule, les quelques scènes typées « 100% centrées pour un public Féminin » sont agréables et permettent d’équilibrer avec les moments d’actions et de science-fiction (élément qui apparaissait peu sur les premières images de promotion, mais qui s’avère indéniablement entendu par la production) un show tenable sur la durée.

Comme tout bon pilot les personnages moteurs de la série sont présentés, la plupart assez brièvement comme les parents de Kara Danvers (l’identité humaine de Supergirl) campés par Dean Cain et Helen Slater (respectivement, Superman dans la série Loïs & Clark et Supergirl dans l’adaptation cinématographique éponyme de 1984)… élément qui pourrait confirmer le côté beaucoup moins « Smallville » de la série (il ne s’agit plus d’un ado en perte de repère qui habite encore chez ses parents, mais d’une jeune femme en quête d’identité dans le « monde des adultes »). Les seconds couteaux les plus intéressants seront probablement James (Jimmy) Olsen, une vision très différente de celle du comic-book d’origine, non pas uniquement dans le physique, mais dans la psychologie: beaucoup plus sûr et souriant, il est dans la série l’élément de transition entre Metropolis et National City (ville dans laquelle se déroule l’action)… mais plus que cela entre Supergirl et Superman lui-même. Pas du Perry White, mais une vipère au poing nommée Cat Grant, dictatrice du média Catco, campée par l’excellente Calista Flockhart connue pour son rôle titre dans Ally McBeal (parfaite concurrente de JJ Jameson chez Spider-Man). Bref… le décor du journal est planté, celui des méchants tout autant avec un premier némésis « poubelle »: Vartox, promptement battu et n’ayant pour seul et unique objectif scénaristique de dévoiler au grand jour les pouvoirs de Kara et de découvrir toute une population extra-terrestre délivrée sur terre après avoir été enfermée depuis des années dans la prison de Krypton par Alura (la mère naturelle de Supergirl) et menée d’une main de fer par sa sœur jumelle (celle de la mère, oui cela devient compliqué – qui sera très probablement Ursa). Quelques pistes intéressantes et finalement peu explorées dans les adaptations live du Man of Steel. Reste la surprise d’Alexandra « Alex » Danvers, la sœur adoptive de Supergirl qui s’avère être un agent de la DEO, le Département des Opérations Extra-Normales dirigé par Hank Henshaw (David Harewood), un élément peu nécessaire et un brin kitch, mais qui pourrait tirer son épingle du jeu au fur à mesure des épisodes.supergirl photo003

Mais Supergirl, ne serait pas Supergirl sans ses super-pouvoirs. Une fois de plus nul besoin d’attendre cinq saisons à la Smallville pour voir la belle blonde user de ses dons Kryptonien. Tout comme Clark Kent la jeune Kara se sert de quelques-uns de ses pouvoirs dans son quotidien (une ouïe super développée, efficace et penuts en terme d’effets spéciaux pour la production). Une utilisation assez humoristique, légère et finalement assez logique qui plaira. Arrive le moment tant attendu du « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités », celui ou Kara Zor-El, deviendra pour la première fois Supergirl… et quoi de mieux qu’une bonne scène d’avion, (mythique, presque parodique de l’héritage Superman) ?! Cette fois de nuit, il faut avouer que la séquence est efficace tant bien concernant les effets spéciaux que dans la mise en scène. S’en suit tout une dynamique durant laquelle Kara et son « boy-wonder » Winslow « Winn » Schott, devront imaginer le visuel et costume du personnage avec quelques clés assez habiles comme l’utilisation d’une cape pour voler de manière plus fluide dans l’espace, un logo qui encore une fois n’est pas « S », mais est symbole de la famille du personnage sur Krypton… et le nom de Supergirl tout trouvé par Cat Grant. De nouveau le côté origin story de base est très vite mis de côté pour laisser place à l’intrigue futur sans perdre trop de temps dans des détails esthétiques.

Sans non plus vibrer ou rester scotché à son fauteuil, les nombreuses scènes d’actions sont, comme indiqué plus haut, plutôt honnêtes et les effets visuels de bonnes factures. Il faudra probablement attendre encore un peu pour que l’écriture et la gestuelle visuelle du personnage soient précisées, mais Supergirl n’a pas à rougir… en espérant malgré tout un Krypton moins jeux-vidéo que celui des premières secondes.

Notons aussi les indéniables multi-références à Superman de par son « apparition physique », au personnage d’Olsen familier avec l’homme d’acier à la presque jalousie du Catco enviant Metropolis d’être le foyer d’accueil du héros. Un moyen de clarifier les choses: Superman existe, Superman aura probablement à un moment donné une importance… mais surtout la série s’ouvre officiellement et entièrement sur tout l’univers du Big Blue, comprenez Krypton et son histoire, la Zone Fantôme et les innombrables vilains de cet univers, laissant percevoir au minimum une dynamique scénariste potentiellement assez riche.supergirl photo004

Parfait mélange entre une caméra parfois très dynamique et un esthétisme proche de Man of Steel, tantôt inspirée de la première vague de longs-métrages signés Richard Donner, la série Supergirl pioche dans le maximum de sources majeures de l’univers de Superman. Oui Jimmy, pardon James Olsen n’est plus le petit rouquin aux taches de rousseur, mais un bel homme assuré, noir de peau et musclé, Oui Supergirl ne tire plus des lasers rouges, mais bleus,  de ses yeux… et alors ? Très clairement la série vise un public nouveau pour le tout Hollywood: les spectatrices ! L’industrie de l’entertainement a compris depuis quelques temps que les jeunes filles ou « ménagères » pourraient apprécier voir à l’écran des combats, des scènes de science-fiction, des explosions et autres monstres. L’importance du personnage de Charlize Theron dans le dernier Mad Max et les multiples projets à l’instar de Wonder Woman, Captain Marvel ou encore Expandabelles en sont les preuves. Si de temps à autres Supergirl joue un peu trop cette carte, avec des punchlines parfois un peu poussives sur le fait que « Oui, une femme peut AUSSI sauver le monde », ( ne parlons pas du débat entre Grant et Danver sur pourquoi « SuperGIRL et non SuperWOMAN ») les scénaristes épinglent les producteurs et acteurs (au sens large) d’un autre temps n’ayant jamais cru aux potentiels cinématographiques de femmes héros à l’écran. Mais ne vous y prenez pas messieurs, nous ne sommes pourtant absolument pas mis de côté, la fraicheur et le ton assez léger du show sera, probablement, vous mettre très rapidement à l’aise, d’autant plus que la série contient son lot de testostérone et joue même la carte de la science-fiction.

Très différent de Gotham ou Constantine, se rapprochant plus des séries diffusées sur la CW à la manière de The Flash, Supergirl reste une belle surprise. Si l’ambition de ce nouveau show n’est pas pour autant démesurée elle demeure en adéquation avec l’univers héroïque, parfois pop et agréable de Supergirl. Probable gros carton pour CBS, Supergirl ouvre vraisemblablement une porte pour tout un pan de personnes féminins tirés de comic-book !supergirl photo005