RZA: Un rapeur amoureux du cinéma de genre !

Lorsque je mentionne Blade Trinity autour de moi, tout le monde se rappelle de l’insulte faite à la fois au monde du cinéma et au monde du comicbook. La dernière aventure du « diurnambule » au grand écran semble avoir laissé de graves séquelles auprès du publique. Mais lorsque je repense à ma plus grosse déception cinématographique , je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine nostalgie. A une époque où les after crédits n’étaient pas monnaie courante, rare étaient les raisons qui pouvaient me garder fixé à mon siège. Mais bon dieu cette musique, le rythme, le flow, les lyrics et l’atmosphère qui s’en dégage valaient bien les quatre-vingt dix minutes de purge annale que fût le visionnage de ce film. « Fatal » est le nom du générique de fin de Blade trinity, composé par RZA.

« Mais pourquoi parler d’un rappeur, aussi talentueux soit-il, sur un site dédié au cinéma ? » Et bien cher internaute cinéphile, parce qu’il est quasiment impossible de mentionner ce maître du hip-hop sans penser à ses nombreuses autres étiquettes : Compositeur, producteur, scénariste et acteur…rza chronique

« First name Wu, last name Tang. Perhaps you have heard of my clan »

Après un début en solo dans le milieu du rap en 1991, il devient l’un des membres fondateurs du Wu Tang Clan en 1993. C’est à partir de ce moment qu’il commence à connaître une réelle renommée, en participant aux albums du label et en produisant la majeures partie des albums solos des membres du groupe.

C’est en 1999 que The RZA commence son flirt avec le 7ème art en participant à la bande originale du film Ghost Dog, réalisé par Jim Jarmusch. Le Wu Tang clan a toujours revendiqué une inspiration de l’univers des films de kung fu hong-kongais. Leur premier album se nomme d’ailleurs  » Enter the Wu tang- the 36 chambers « , ce qui fait référence au film d’art martiaux de Liu Chia Liang, La 36ème chambre de shaolin. Il était donc naturel pour RZA de se trouver impliquer sur un projet représentant la quintessence même de son univers : Un afro américain, vivant selon les préceptes du Bushido, le code du samurai. En plus de la composition des soundtracks, Jarmusch offre à RZA plusieurs apparitions en arrière plan, assez importante pour être crédité au générique.rza chronique3

« A bad mother fucker »

Après plusieurs apparitions et petits rôles plus ou moins remarqués dans des productions aussi nombreuses que variées, allant de Scarie Movie 3 de David Zucker, à American Gangster de Ridley Scott ; il revient à la composition musicale sur l’anime américano-japonais Afro Samurai.

Réalisé par Kizaki Fukimoto et produit par Samuel L. Jackson, cette série d’animation raconte l’histoire d’un samurai africain dans un japon néo-féodale. Avec Samuel L. Jackson prêtant sa voix au héros éponyme, Afro Samurai fût un succès à la fois commerciale et critique. Une grande part de sa campagne marketing fût réalisé sur l’implication de RZA à la production de la bande originale. Une suite à la série a été réalisé sous la forme d’un long métrage, avec Lucile Liu et Mark Hamill rejoignant Samuel L. Jackson et Ron Pearlman au doublage, et RZA à la production des OST.

Cette collaboration avec le studio japonais Gonzo lui permit d’atteindre le statut d’icône musicale de la pop culture, encore aujourd’hui la bande originale d’Afro Samurai est considéré comme l’une des plus originales créatives de l’animation japonaise.rza chronique4

« The man with the iron fists »

Alors qu’il travaillait sur la production de la bande originale de Kill Bill de Tarantino, il entreprit un voyage sur le plateau à Beijing, où il y passa quasiment un mois. Le décor et l’énergie qui s’y échappait lui rappelaient ses premiers amours de jeunesse, les films de kung fu et de « Wu Xia », un autre genre de film où l’utilisation d’arme est prédominante. Il rencontre Eli Roth, lors d’un voyage en Islande en 2005, avec qui il discute de son projet de film d’art martiaux, Roth sembla tout de suite intéressé, mais il n’y eu aucune réelle avancée. C’est à partir de 2007, après la sortie de Hostel Part II de Eli Roth, que les deux comparses se mirent sérieusement à travailler sur le film, et après un enfer de pré-production de trois ans, allant de réécriture de scénario à abandon d’acteur, le tournage put commencer en 2010. Au casting, en plus des célébrités d’outre mer tels que Rick Yune, Jamie Chung et Cung Le, on peut retrouver Russel Crowe, Lucy Liu et David Bautista.

Porté par ce casting quatre étoiles, le film raconte les tribulations de « Jungle village » où une guerre de clan impliquent plusieurs personnages haut en couleur.

The man with the iron fists reçut des critiques mitigées, mais dans l’ensemble positives. la résultante la plus importante dans cette aventure cinématographique, est la confiance que les studios et les divers participants ont eu envers RZA. Même si on est loin de la palme d’or avec ce film, l’amour pour du cinéma d’art martiaux et l’hommage qui y est fait est communicatif, et les codes du cinéma de ce genre sont respectés. La première aventure de RZA à la réalisation est donc relativement un réussite.rza chronique5

« To be continued »

 Depuis Ghost Dog, The RZA a enchaîné les rôles et les participations dans le domaine visuel. Que ce soit pour interpréter un maître ninja dans G.I Joe Conspiracy, jouer un rôle quasi auto biographique dans Californication au côté de David Duchovny, ou composer la bande originale de Kill Bill, il joue sur la transversalité culturelle qu’il maîtrise afin de rendre hommage au 7éme art. Il est sûr que nous le verrons encore nous surprendre dans l’avenir, car, rare sont les compositeurs qui se sont donnés les moyens de travailler devant et derrière la caméra.rza chronique2

Sam Le Pirate