Noé de Darren Aronofsky : Notre Avis

Avant toute chose il est important pour moi de vous avouer ou préciser deux points : Je suis une athée convaincue et mon éducation judéo-chrétienne s’arrête à « Noé ? Ah oui c’est le gars qui a construit une arche pour mettre des animaux dedans ? »

Forcément, j’arrivais dans la salle assez sceptique, surtout quand ma dernière expérience sur le thème s’appelle The Tree of life… Heureusement pour moi, Darren Aronofsky hérite plus de Cecil B. DeMille (Les Dix CommandementsSamson et Dalila ) que Terrence Malick

 

La première demi-heure ne fait rien pour me convaincre que le reste vaut le coup. L’installation de l’histoire est assez longue et pleine de lyrisme biblique, on découvre notamment des anges déchus devenus des pierres qui marchent et qui causent. À cela je dis « pourquoi pas ? » (après tout en fan de fantasy/sf je suis prête à accepter beaucoup de choses tant que c’est bien justifié) mais les effets spéciaux n’aident pas vraiment. Entre les géants de pierre, les animaux, et les décors, c’est au final les géants qui s’en sortent le mieux… Dans ma bonté de public très ouvert, je vais tout de même tenter de passer ces défauts techniques pour me concentrer sur l’histoire. (Pitié Darren, Black Swan est un chef d’œuvre, ne fais pas un film « casse-gueule » derrière…)

Heureusement ! Ouf ! Victoire ! La bonne surprise et le tournant du film se nomme Emma Watson ! L’actrice continue sa bonne reconversion post-Harry Potter et est sûrement mieux dirigée et plus à l’écoute.

En une scène avec Russell Crowe, elle amène l’humanisme dans le biblique et fait entrer le récit dans le concret. C’est à partir de ce moment-là que le film prend tout son intérêt. Au moment où ce n’est finalement plus le Dieu là-haut dans le ciel mais les personnages, la famille, qui importe et qui prend les rênes du film.

Méritent-ils de monter sur l’Arche, quand le reste de l’Humanité doit mourir ? Sont-ils tous bons et purs ? N’ont-ils aucun défaut ? C’est là que le bât blesse et que le film prend tout son sens et sa consistance.

En auteur, Darren Aronofsky ne s’occupe plus des desseins du ciel mais uniquement de ceux de ses héros. Le film a un nouvel enjeu pour mon plus grand bonheur !

J’ai parlé d’Emma Watson, mais Logan Lerman montre qu’il a autre chose dans le ventre que Percy Jackson. Lui aussi grandit bien et se développe devant la caméra, avec un rôle qui prouve au monde qu’il n’est pas un garçon lisse. Quant à Russell Crowe et Jennifer Connelly ? Ils montrent la voie à la relève et tiennent leur rang comme il se doit. Il ne faut pas oublier non plus Ray Winstone, qui crée une vraie contrepartie à Noé, et qui donne beaucoup de fond à l’histoire.

Mais voilà ! la fin du film retrouve sa grandiloquence et son lot de scènes qui amènent dans ma tête un « euh…sérieux ? Le mec cueille du raisin et la séquence d’après il est bourré sur une plage ? Faut qu’il donne sa recette de fermentation express parce que je pense qu’il y aurait des intéressés… »

L’état de grâce se termine, on retrouve des effets spéciaux pas si spéciaux que ça, de l’étalage de bondieuserie et on se demande comment un couple peut repeupler le monde en évitant la consanguinité… (non, sérieusement, je me pose la question !) Vous vous demandez sûrement pourquoi je ne fais pas état de l’incroyable inondation, ni des batailles que promet la bande-annonce ? C’est simplement parce que le tout se concentre sur une quinzaine de minutes, et, qu’au bout du compte, ce film n’est pas un blockbuster plein d’actions et de grands effets. Non, c’est un film sur une famille qui tente de survivre malgré l’adversité.

MDZ