L’histoire se déroule entre 1994 et 1995 à Miami. Il s’agit de l’histoire vraie du destin de trois hommes aussi ambitieux qu’amateurs. Daniel Lugo (Mark Wahlberg) est un coach sportif au sein d’un club de fitness qui aspire à réaliser son « American Dream » en changeant de vie et en devenant plus riche. Ainsi, il va donc se retrouver à la tête du kidnapping de l’un de ses clients fortunés, Victor Kershaw (Tony Shalhoub), qu’il organise avec l’aide de deux acolytes peu futés, Adrian Doorbal (Anthony Mackie) et Paul Doyle (Dwayne Johnson). L’enlèvement de Kershaw a pour but de lui faire céder tous ses biens à ses trois ravisseurs. Seulement, ce plan à l’apparence parfaite se révèle déficient, et les acolytes se retrouvent rapidement dépassés par les événements. Ce film met en avant la transformation du rêve de ces trois hommes en cauchemar. Si l’on devait résumer le film en une phrase, ce serait que rien ne se déroule jamais comme prévu.
Nous retrouvons ici Mark Wahlberg dans la peau de Daniel Lugo. D’ailleurs, il démarre fort lors de cette rentrée 2013-2014 car il est à l’affiche de deux films. Le 18 septembre, il partagera l’affiche avec Denzel Washington dans « 2Guns »de Baltasar Kormákur.
Tony Shalhoub brise ici l’image de l’intriguant Monk (série dont il a interprété le rôle-titre entre 2002 et 2010) pour laisser place à l’antipathique et prétentieux Victor Kershaw.
Dwayne Johnson, ou « The Rock » surprend en incarnant avec panache un ex-prisonnier rongé par la culpabilité et déterminé à retrouver le droit chemin.
Principalement connu pour ses apparitions dans la saga Very Bad Trip, Ken Jeong est ici la caricature même de l’homme d’affaires ambitieux devenu riche grâce à son inventivité, le symbole de l’accomplissement du rêve américain.
Si l’interprétation de Dwayne Johnson et de Ken Jeong nous offre quelques rires, Tony Shalhoub arrive à changer notre sentiment envers son personnage (Victor Kershaw) au cours du film. Victor Kershaw est tout d’abord l’homme prétentieux que nous adorons détester, pour au final devenir la victime que nous soutenons. Quant à Mark Wahlberg, son interprétation de Daniel Lugo est plutôt réussie car il arrive à lui seul, à exprimer tout le « ras-le-bol » qui existe autour d’une société inégalitaire.
La seule actrice dont le jeu est assez décevant n’est autre que Bar Paly. Son personnage est une strip-teaseuse blonde, assez stupide. Elle a certes été impliquée dans cette histoire vraie, mais elle est de loin le personnage le plus dispensable du film. En effet, ses discours sont peu intéressants et sa bêtise ne fait guère rire.
Michael Bay (réalisateur), considéré par certains comme « Le roi du Blockbuster » se détache complètement de l’univers de « Transformers » avec ce film audacieux, explosif, haletant et incitant à la réflexion, malgré son « petit » budget de 26 millions de dollars.
Les plans et les cadrages sont variés, ce qui contribue à la richesse du film. En effet, Michael Bay et son directeur de la photographie Ben Seresin ont su agencer subtilement vues imprenables de Miami et plans dignes de véritables raids policiers, tout en survolant le catalogue étoffé des vices humains. La quantité d’effets spéciaux reste plutôt raisonnable, ce qui est un bon point pour un blockbuster.
Quelques détails originaux sont également au rendez-vous, comme par exemple le fait que le film commence par la fin. Par ailleurs, Michael Bay a su captiver le spectateur en lui indiquant par une imposante phrase écrite en blanc « Ce film est toujours une histoire vraie » au moment où l’on peut se demander si c’est toujours le cas.
Le titre « No Pain No Gain » illustre la morale du film. En effet, sans efforts, sans labeur, nous n’obtenons rien. Le titre fait également référence à un autre élément du film. Il s’agit de l’obsession de Daniel Lugo (Mark Wahlberg) pour le culte du corps. Il montre à plusieurs reprises sa profonde déception envers les personnes gâchant le « potentiel » de leur corps. D’ailleurs, la plupart des spots publicitaires concernant le sport dans les états anglophones sont accompagnés de cette phrase.
Ce film retrace avec clarté cette histoire aussi incroyable que réelle, pourtant méconnue du grand public. No Pain No Gain nous fait aussi prendre conscience de la soif insatiable d’argent et de pouvoir des Hommes, à tel point qu’elle peut faire basculer des destins. Bien qu’il ne sera probablement pas le succès de l’année, Skript lui accorde un avis positif car le film est intéressant, ne serait-ce que pour découvrir cette histoire rocambolesque qui a secoué l’Amérique des années 1990. Malheureusement, comme dans la majorité des films retraçant une histoire vraie, il manque beaucoup d’éléments et certains ont été modifiés. Cependant, l’essentiel de ce fait divers est concentré dans le film.
Malgré ses apparences de film d’action classique (effets spéciaux, hommes musclés, argent, strip-teaseuses, etc…), « No Pain No Gain » vaut également le détour pour voir Dwayne Johnson en criminel pieux et militant. L’adrénaline est puissante et les rebondissements sont nombreux. « No Pain No Gain » est un cocktail d’action, d’intrigue, de cascades, avec une pointe d’humour.
Par C.C.-V.