« To be or not to be…not to be »
Il faut reconnaître que depuis fort longtemps le zombie ou « #la-personne-ayant-perdu-toute-forme-de-conscience-et-d’humanité-adoptant-un-comportement-violent-envers-les-êtres-humains-et-dont-le-mal-est-terriblement-contagieux » (bonne chance) fait partie de notre environnement littéraire (de Mary Shelley à Lovecraft), à su se propager au 7ème art (George A Romero dès 1968, Sam Raimi dès 1981, Peter Jackson en 1992, Danny Boyle en 2002, Tomy Wirkola en 2009, et plus récemment Marc Forster en 2013…) en plus d’inonder notre petit écran (Dead Set en 2008, le succès The Walking Dead depuis 2010, Death Valley en 2011, la série Française Les Revenants depuis 2012, Z Nation l’année dernière et le tout récent iZombie depuis 2015 ! )
Bref, plus vraiment besoin d’expliquer qu’est-ce qu’un Zombie, le pourquoi du comment, et les répercussions sur le monde qui l’entoure… Détrompez-vous ! Maggie est là pour soulever un nouveau point (beaucoup plus humain) sur la condition de Zombie !
Ce film est très intéressant, car nous avons sous nos yeux, non pas un simple film « gore » ou un « action/slayer movie ». Non, ici le parti-pris du réalisateur Henry Hobson est de nous dévoiler un film d’auteur intégrant les codes du film Zombiesque, où nous suivons le parcours d’un père près à tout pour sauver sa fille, une adolescente qui, infectée par un virus, se transforme progressivement.
Un film certes lent, sans grands enjeux scénaristiques, ni même de tensions (contrairement à l’anxiogène World War Z), mais qui évoque la simple déchéance physique et psychologique d’un corps infecté, celui d’un vivant, avec ses doutes, ses peines et ses douleurs et non par d’un futur monstre dégoulinant d’hémoglobine. Se dessine aussi la psychologie de ses proches, qui ne savent pas vraiment quoi faire et quand le faire, et de toutes ces personnes qui gravitent autour du vivant dont la vie risque bientôt de s’éteindre.
Petit à petit, nous oublions la thématique des Zombies, et le film nous renvoie plus vers la question de la fin de vie, chez l’être humain atteint d’une pénible maladie (on pense au sida ou au cancer).
Très belle et émouvante prestation d’Abigail Breslin qui une fois la dernière image projetée, nous interroge sur le fait que la conscience et l’habilitée d’une personne atteinte et en fin de vie semblent toujours présentes malgré les apparences ! Dès lors, une question se pose : le zombie est-il doté de conscience, de souvenirs et d’émotions ou est-il une simple coquille vide…?
La grande interrogation relevait de la présence d’Arnold Schwarzenegger dans ce genre de film… A 68 ans, voilà enfin un rôle digne de son âge, en père désabusé et ne sachant pas quoi faire pour sa fille. Ici il y est touchant et enfin bien loin de ses rôles de gros bras, cela lui va très bien. Enfin !! Cependant, là où (peut-être) un Stallone et (sûrement) un Eastwood auraient fait des merveilles dans le jeu de l’émotion, il est fort dommage que le faciès monolithique vieillissent de Schwarzenegger ne transmette pas plus…cela en est frustrant…ou bien, il n’a pas été assez poussé dans ses retranchements d’acteur ! C’est déjà un très bon début, mais il manque cette pointe de patos pour rendre ce film fort et poignant.
Je vous recommande fortement ce film ne serait-ce pour ce rôle à contre-emploi de Schwarzy dans un film d’auteur à la photographique épurée, rappelant à coup sûr les couvertures de Norman Rockwell, à la réalisation simple mais poétique, et au final une très bonne mise en bouche avant l’été et la diffusion de Fear The Walking Dead !
Adrien Phocas