Machete Kills, c’est l’histoire d’une blague qui ne semble pas vouloir s’arrêter. Robert Rodriguez le dit lui-même, quand il a fait ce fake trailer pour le projet Grindhouse qui réunissait deux films dans la même séance, Boulevard de la mort de Tarantino et Planète Terreur de Rodriguez, il ne pensait pas que le film verrait réellement le jour.
Et pourtant, son hommage cinglant aux séries B des années 80 a énormément plu et Machete premier du nom avait attiré beaucoup de curieux et de fans. Avec en plus, Steven Seagal en méchant, que demander de plus ?! Seulement voilà, les fans de Rodriguez sont des gens qui ne se lassent pas des bonnes choses. Et quand Rodriguez refait encore une fois un fake trailer pour annoncer Machete Kills à la fin du premier film, il ne pensait pas que la blague irait aussi loin.
Du coup, rebelote, le film s’ouvre sur la bande-annonce du prochain Machete intitulé Machete Kills Again… In Space. On a déjà hâte de voir Danny Trejo dans sa tenue de trekkie.
Mais revenons à nos moutons. On retrouve dans Machete Kills tout ce qui a fait le succès des aventures de Danny Trejo. A savoir, de la violence tellement extrême que ça en devient parfois absurde, un homme qui n’en est pas vraiment un et se rapprochant plus d’une invincible machine à tuer avec une façon de parler plutôt primaire et un vocabulaire limité. Le tout avec des répliques systématiquement proclamées à la troisième personne. Bien évidemment, c’est Machete Cortez qui est au centre de toute chose. Si bien que le terme de personnages secondaires prend ici tout son sens. A l’exception de Michelle Rodriguez et Mel Gibson, aucun personnage n’est indispensable. Et pourtant, certains sont absolument géniaux.
Mention spéciale pour Mendez The Madman (Demián Bichir) un homme schizophrène à la fois apôtre de la paix et du sacrifice pour son pays en tant que révolutionnaire. Il est également le chef de cartel le plus cruel qui existe et pour finir Mendez, « le seul agent secret mexicain ». Un personnage complètement dingue et absurde qui colle parfaitement à l’ambiance du film. Mais aussi Le Caméléon, un chasseur de primes qui changent de visage à sa guise, joué successivement par Walter Gogginds, Cuba Gooding Jr., Lady Gaga et Antonia Banderas.
On retiendra également le personnage de Sofia Vergara en chef de bordel déjantée ou Carlos Estévez (Charlie Sheen) en président des Etats-Unis le plus immoral de toute l’histoire du cinéma et pour finir la sublime Amber Heard en agent du gouvernement.
Au final, même si l’on ne va pas vraiment voir Machete Kills pour son scénario, il est important de préciser que celui-ci n’est pas dénué d’intérêt, bien qu’il reste totalement absurde et on apprécie les clins d’œil faits à d’autres films, mais également l’humour second degré omniprésent qui semble involontaire au premier abord. Robert Rodriguez aime les films de série B et il sait comment leur rendre hommage, c’estla deuxième fois qu’il nous le prouve d’une excellente manière. Et la fin du film nous laisse penser qu’il y aura bien un troisième hommage et c’est tant mieux. Certaines scènes d’action contiennent des morts tellement… originales qu’on en arrive même à se demander où Rodriguez va chercher tout ça. On peut s’attendre à encore plus de bonnes choses pour Machete Kills Again… In Space !
Par A.C.