Les hommes préfèrent Scarlett / Lettre d’amour à la belle Johansson

Les hommes préfèrent Scarlett.

Ou une lettre d’amour à…Scarlett Johansson.

Three years ago. Si on m’avait dit qu’un jour je tomberai comme tant d’autres nigauds follement amoureuse de toi, jamais je ne l’aurais cru. Sans doute même aurais-je ris au nez de celui ou celle qui aurait osé te vendre. Je ne voyais en toi qu’une bimbo blonde parmi une belle légion dont le talent demeure niché quelque part dans cette (sublime) poitrine. Et non. Il a fallu d’une nuit, une seule nuit. D’insomnie tenace, ennui à la dent dure pour que mes yeux dérivent et chavirent sur Arte. Match Point. Une énième rediff, mais en VO, s’il-vous-plaît. Ce n’était peut-être pas un premier amour cinématographie (#mulhollanddrive). Mais sans conteste un des derniers.

« Did anyone ever tell you you play a very aggressive game?”

Ah, Scarlett… Cette scène… Vingt ans à peine et ton corps de femme mettais déjà tout le monde KO. Clope au bec, regard félin, robe blanche virginale. Cette rencontre avec l’homme élu le plus chanceux du monde, Jonathan Rhys Meyers reste dans les annales du cinéma. Il faut dire que ce bon vieux Woody (Allen) sait y faire pour faire de ses muses un fantasme collectif. Certains avaient pourtant pariés, à tort, sur ton arrière-train (Sofia Coppola). Pour le vieil excentrique, tu es une bouche. Gourmande, pulpeuse sans artifice, on rêverait tous d’y dormir ou d’y manger. Ta voix, pas encore aussi grave qu’aujourd’hui, était déjà annonciatrice de tant de promesses. Comme promis, Scarlett. Depuis ce jour, toi et moi on ne s’est plus jamais quittées.

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Plus qu’un physique irrésistible, tu es actrice avant tout chose. Même si je ne suis pas insensible à tes essais musicaux, mais ça c’est un tout autre débat. De ce siècle, tu es la chef-de-file et ce sans peut-être même le savoir. Gavée comme une oie par la pléthore de covers te nommant « femme la plus sexy du monde » (même si on a vu pire comme châtiment), tu aimerais sans doute prouver au monde entier tes véritables intentions. Arrête de te débattre, Scarlett. Quiconque se prétendant amoureux du cinéma en a déjà l’intime conviction. Polyvalente, du moins bien plus que certaines consœurs oscarisées comme une certaine miss Portman, tu sais tout jouer. La comédie potache avec Joseph Gordon Levitt ? Done. Le Marvel au budget pharaonique sans pour autant perdre une once de crédibilité ? Fait aussi. Et avec succès, merci. Tu as, à toi seule, relancer l’industrie de la perruque rousse. Chouchou des plus grands, tu fais aussi tourner la tête de réalisateurs plus confidentiels. De Lulu Besson à Jonathan Glazer, tu restes l’atout de charme et de choc de n’importe quelle collaboration.

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Dans « Under the Skin », de Glazer justement, tu incarnes un mystérieux extra-terrestre. Sans âme ou presque, une enveloppe vide. Si par bonté, tu nous offres une vision en tenue d’Eve, ce n’est que pour mieux te garder tout ce qu’il y a vraiment derrière. Filmée entièrement en caméra cachée, vêtue comme une cagole maladroite, pas un écossais n’a reconnu ce sublime séant qu’est le tient. On ne peut leur en vouloir. Scarlett Johansson, pendant longtemps, ce fut un full package ou rien. Bouche et robe rouge, sempiternel décolleté, et bien évidemment cheveux couleur platine. Un physique pourtant loin d’être si irréprochable. Beauté sixties, tes formes généreuses dénotent avec les sacs d’os de ton époque. Ainsi, quand l’ami Karl te prend (en photo) pour la couverture Harper’s Bazaar, l’homme au catogan te rends tes lettres de noblesses. Te voici devenue digne héritière de Marylin Monroe, icône d’un autre temps, symbole physique dans tous les sens du terme. A quand des goodies par millier à l’effigie de l’héroïne de Vicky Cristina Barcelona ? Des tasses représentant la jeune fille à la perle ? Des poupées Avengers ? Oups, j’ai bien peur que tout cela existe déjà…

 

A la différence près que Marylin, faussement ingénue, véritable personnage torturé en privé, n’a jamais su se défaire de son image de bandante écervelée. A l’inverse, Scarlett, parfaitement saine en privé (normal, on ne s’est encore jamais croisées), tu as su t’émanciper de ton enveloppe corporel. Sans être sortie d’une des prestigieuses universités de l’Ivy League, tu brilles le plus souvent par ton absence. Tu manques cruellement dans Ave Cesar. Avec ce maigre score de deux scènes au compteur, de pacotille qui plus est.

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Jusqu’à ne plus être qu’une simple voix suave dans « Her » de Spike Jonze. A l’instar de Joachim Phoenix, on est envoutés. Enfin, on l’était déjà. Quoi de plus logique que tu prêtes ton organe à Kaa, le sournois serpent du Livre de la jungle. On aurait jamais cru autant s’intéresser à une relecture d’un succès Disney depuis blanche neige version Charlize Theron. Transparence oblige, nous qui connaissons tes formes comme notre poche (mais quand même moins que celle de Rihanna ou Kim-K). Nous qui avons lu, vu, écouté chacune de tes interviews religieusement. Nous nous devons d’évoquer tes « flops ». Le sodastream-gate, The Island de Bay ou encore deux sœurs pour un roi. Des naufrages pour certains. De jolies victoires pour d’autres. Pas un instant l’honnête spectateur ne peut regretter t’avoir vu sublimée dans ce monde foireux post-apocalyptique face à Sir Mc Gregor. Ou te battre, encore et toujours avec miss Dior, pour savoir qui aura le droit de copuler avec le roi sur le trône. Game of thrones avant l’heure. Toi-même je sais que tu comprendras car d’humour tu n’en manques pas. Tes nombreuses apparitions dans le SNL en sont une infime preuve.

Alors toi qui a sensiblement un faible pour les journalistes, cocorico qui plus est, laisse-moi une chance de te convaincre qu’une vie loin des studios cinés vaut peut-être le coup. En total anonymat, comme dans ce mauvais roman du compatriote nordiste Delacourt dont tu as fait un procès. Toi et moi, rien qu’à deux, sur une île déserte. Allez, emmène la petite Rose si tu le souhaites, mais attention, je ne change pas les couches. Je saurai éclipser n’importe qui, n’importe quoi, même Javier Bardem et Pénélope Cruz réunis. Bon, peut-être pas. Qui pourrait-être assez hédoniste pour priver le cinéma d’un de ses plus beaux joyaux ? Faiseuse d’émotion auriculaire comme dans le caleçon, tu es parfaite Scarlett. Avec ou sans coupe mulet. Et ça, ne l’oublie jamais.

Mélissa Chevreuil