Les Gamins: Notre avis

Anthony Marciano signe un nouveau film pour la palette cinématographique française. Une petite comédie bon enfant, à la française, humour français. A la veille de son mariage, Thomas rencontre ses futurs beaux-parents, Suzanne et Gilbert. Ce dernier, en pleine crise de la cinquantaine, décide de tout envoyer balader, de tout claquer, et de vivre enfin ses rêves. Malgré lui, Thomas va le suivre dans toute une aventure, de la France au Maroc, au son du rock et du folk, oubliant ses responsabilités, suivant son nouveau meilleur pote, vivant comme des gamins.

C’est avec plaisir que l’on retrouve dans ce film, un Alain Chabat (Gilbert) ,certes vieillissant, mais qui, depuis l’époque des Nuls, n’a pas perdu de son humour bien à lui. Mettons-le aux côtés de Max Boublil (Thomas) toujours aussi décalé et énergique, cette fusion nous promet un duo de choc.

Un duo qui est l’épine dorsale du film. Ce sont eux que nous suivons, ce sont eux qui nous font rire, réfléchir. Ce sont deux humours qui se font face : un humour direct (Chabat) et décalé (Boublil). Le jeu d’acteur est assez surprenant. En effet, nous avons l’habitude d’un jeu marqué par la lourdeur de la marque embourgeoisée de la fabrique française : un jeu très (trop) théâtral depuis les années 2000, auquel échappe, il est vrai, certains acteurs, anciens comme nouveaux. Ce film, au contraire, sort des sentiers battus. Le jeu d’acteur n’a rien de théâtral, d’exagéré et on a l’impression de revenir aux comédies françaises des années 1990 : de l’audace, du décalage, de l’humour (!)

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Au niveau du travail scénaristique, travaillé avec le concours de Max Boulbil, rien d’original dans la forme et dans le fond. Une histoire comique plantée sur une crise passagère avec matière à réflexion sur nous-même. Du déjà vu. Mais justement, il est plus difficile de travailler sur du déjà vu que sur de l’innovant, car tout plus ou moins est déjà fait, raconté. Or, ce film nous plante un scénario ordinaire, qui pourrait être fade mais en fait quelque chose de sucré par son décalage. Il est vrai que d’autres films de comédie français sont connus pour leur décalage, mais ce genre de film est devenu rare dans la production française.

L’histoire est sans anicroche et se tient bien. On y est plongé, on apprécie le moment sans trop trouver de moment longs et vides. La trame narrative est simple, sans complexité superflue, ce qui rend l’histoire fluide et compréhensible de tous, tout en ayant des références et anecdotes ciblant plus les jeunes adultes, ce qui en fait au final une bonne comédie pour grand public.

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La mise-en-scène du film est assez dynamique et correspond bien au domaine de la comédie. Un effort sur les décors, les lieux, les costumes. Encore une fois rien qui sort de l’ordinaire, mais derrière tout ça, on devine un travail sérieux et celui-ci contribue à la construction de l’atmosphère, qui alterne entre scènes comiques, burlesques et sérieuses. En somme, au squelette bien construit du scénario vient se superposer la chaire du film, la mise-en-scène, qui font des Gamins un corps plutôt bien constitué.

Au niveau du montage, l’ensemble est fluide, évite l’anachronisme ou le contresens. Reflet de la comédie, nous y voyons une alternance des plans entre longue séquence et d’autres plus immédiates, rapides et inattendues qui ajoutent une touche de burlesque.

La bande sonore est quant à elle assez bien travaillée dans le sens où certaines musiques sont crées par Max Boulbil, rajoutant un effet jeune et comique, et certaines tirées de registres connues de la scène punk rock à l’exemple d’Iggy Pop dont le hit Lust For Life constitue la musique directrice de l’histoire, qui donnent du dynamisme au film.

En conclusion, Les Gamins est un bon film de comédie française qui se tient bien dans lequel nous côtoyons un duo de choc avec Chabat et Boulbil. Espérons qu’il fera parti de la production qui viendra en secours au problème que rencontre actuellement le cinéma français.

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