Disney signe une nouvelle œuvre de caractère : Le magicien d’Oz.
Il s’agit d’une reprise de l’épopée fantastique bien connue, sortie de l’imagination de Frank Baum à l’orée du XX siècle. Si l’histoire originale dévoile l’aventure d’une jeune fille, Dotty (ou Dorothy), issue de son Kansas natal et plongeant à la manière d’une Alice dans un monde féerique, le scénario du film, lui, nous fait plonger dans un flash-back. Un retour en arrière qui nous fait découvrir les origines d’Oz . Vous le perceviez à la manière d’un fameux magicien, puissant et merveilleux à l’exemple de Merlin ? Sachez que l’Oz de Disney est on ne peut plus humain. Son pouvoir magique ? Prestidigitation. Ses références ? Edison et Houdini. Courageux ? L’histoire vous le révélera.
L’aventure commence au cœur du Kansas, États-Unis. Dans un cirque ambulant de la belle époque vit Oscar, un « magicien » sans le sous, un brin égocentrique, un poil séducteur, un tantinet ambitieux mais avec un vrai talent dans l’art de la tromperie et des effets spéciaux. Il lui faut cependant une course-poursuite, une fuite en montgolfière et une tornade pour le propulser hors du monde qu’il connaissait. Le voici arrivé à Oz, pays merveilleux au trône royal vacant et en proie aux maléfices d’une méchante sorcière. Est-il le magicien de la prophétie que tous le monde attend ? Tous le pense, sauf lui.

Si Dorothy, le lion, l’épouvantail et l’homme de fer sont absent de l’histoire, Disney regroupe tout de même l’ensemble des protagonistes de l’univers de Frank Baum. Aux côtés du magicien se trouvent les sorcières du Nord, de l’Ouest et de l’Est ainsi que la plupart des habitants du royaume à l’exemple des Munchkins. Un univers alors plutôt fidèle et bien représenté. Il est vrai que, tout comme la plupart de leur production cinématographique, les studios Disney portent à cœur la mise en scène des personnages. Nous pouvons féliciter de vive voix la performance de James Franco dans la peau du magicien qu’il incarne à merveille, donnant au vieil Oz, une seconde jeunesse pleine de vitalité. Saluons aussi le jeu d’acteur de Rachel Weisz dans le rôle de la méchante sorcière Evanora, cachée sous sa fausse gentillesse et ses attraits de gentille princesse. En revanche, même si les talents d’acteurs de Mila Kunis et de Michelle Williams ne sont pas remis en cause, il faut noter une faible crédibilité dans leur rôle respectif de sorcières méchantes et gentilles. L’une dont les performances sont surjouées et l’autre pas assez joué, faussant toutes deux le personnage représenté.
Du côté de l’habillage, rien à redire. De beaux costumes comme on pouvait s’attendre d’un film Disney, créant une ambiance à la fois portant sur la belle époque, robes à corset victoriennes ou « frenchy », costumes et haut-de-forme et à la fois fantastique, légèrement steampunk, qui ravirait un certain Tim Burton.

Si l’histoire reprend relativement la trame narrative laissée par Frank Baum, le scénario n’est pas très original : Une prophétie, un héros qui doit secourir le monde et tuer le méchant. Disney semble être passé maître dans ce genre de trame, mais il faut le rappeler qu’à sa décharge, c’est une forme scénaristique qui a fait ses preuves et qui marche relativement toujours bien, surtout en fonction de la tranche de public ciblée, à savoir le grand public.
Une seconde note dans l’absence d’originalité est celle de la plongée dans un monde enchanteur couvert de forêts, de plantes et créatures bizarres. Il est vrai que ce genre, même s’il existait déjà aux débuts de l’ère cinématographique, est réapparu avec force de nos jours. Les studios en usent et en abusent, si bien qu’il perd de son originalité. Si vous avez vu le Pays des Merveilles dans Alice de Tim Burton, vous ne serez pas vraiment plus émerveillé par le monde féerique d’Oz. Mais il est vrai que c’est devenu une mode. Le public en est friand, alors les concepteurs lui offre.
Toutefois, la mise en scène est très bien menée, on est plongé dans un monde, on y croit, on en ressort qu’à la fin.

Au niveau du montage, on détecte dès le début un jeu de succession de la chromatique et du format. Une introduction en noir et blanc, format 4:3 qui laisse place dès notre entrée dans l’autre monde à une belle couleur au format plein écran. Ce qui est remarquable c’est que le changement de format entre les séquences au Kansas et les séquences à Oz se fait à l’exemple d’un rideau qui s’ouvre sur la scène : les bandes de format sont peu à peu étirées jusqu’à disparaître.
Du côté de la photographie, Disney n’a plus à faire preuve de ses talents : un travail de l’image sublime, une esthétique brillante au niveau tant des personnages que des décors. C’est un plaisir pour les yeux. Du côté des effets spéciaux, c’est le même chant : très bien menés, très bien dosés tout au long du film, ils nous font croire, ils nous font rêver. Un exemple peut être fait, tiré de la scène de course-poursuite en bulle de savon ou encore un autre, infusant la vie à une poupée de porcelaine qui – clin d’œil, sûrement – ressemble fortement à Dorothy.
La partie musicale du film est assez bien travaillée pour nous faire plonger dans un univers enchanteur, à petite dose steampunk. Un alliage de boîte à musique, de piano, de cordes aux tintement de mystère et de magie : citons Danny Elfman ! C’est une tradition familiale chez Disney d’accorder une place de choix à la musique :
Le choix de Danny Elfman, consacré parmi les meilleurs compositeurs d’Hollywood, comme concepteur de la bande sonore est l’exemple d’une volonté de richesse sonore et musicale de la part de Disney.

Pour résumer, la nouvelle affiche de Disney est bien prometteuse. Bien sûr, elle manque d’originalité, bien sûr, il y a un manque de crédibilité chez certains acteurs. Cependant la mise-en-scène déployée par le studio, le travail sur la photographie, sur les personnages créent une ambiance tout à fait charmante et envoûtante alliée aux performances géniales d’un James Franco survitaminé dans le personnage du magicien, qui semble avoir été taillé pour lui.
Bienvenue dans Oz, vous ne le regretterez pas ! Rendez-vous le 3 avril 2013.