Le Loup de Wall Street, c’est l’histoire vraie de Jordan Belfort, un trader américain devenu homme d’affaires. Dans les années 1990, il fonde sa propre société de courtage financier, Stratton Oakmont. Enivré par le pouvoir et l’argent, il sombre dans diverses addictions telles que la drogue et le sexe. Ce film est issu de l’ouvrage de ce dernier, paru dans les années 2000.
Une nouvelle fois Martin Scorsese nous révèle son talent de cinéaste éclectique ! Scandaleux, provocateur, fou furieux, le réalisateur nous expose comme héros un arnaqueur de génie, représentation même des dérives de l’argent. Laissez vos principes et votre morale à l’extérieur de la salle et venez goûter à ce véritable prodige! Déroutant, ce film est aussi envoûtant sur le fond que sur la forme.
Tel un raz-de-marée, Le Loup de Wall Street vous emporte dans la vie sulfureuse de Jordan Belfort. Rien n’est jamais suffisant pour lui, il lui en faut toujours plus. La démence de ce personnage ne vous laissera certainement pas de marbre. Trader innocent, ce jeune loup perverti par Wall Street, devenu un véritable leader, un maître de l’escroquerie financière ; Jordan Belfort redéfini la notion même de décadence !
Comme tout bon film qui se respecte, le casting est de premier choix:
En tête d’affiche, Leonardo Di Caprio qui dans le rôle (plus complexe qu’il ne parait) de Jordan Belfort rajoute un pallier à un jeu qui se veut plus mur au fur à mesure des années. Tantôt énervé, tantôt floué par la quête du désir et de la malice, Di Caprio se laisse enfin le droit de rire et crier un personnage explosif.
A ces côtés Johan Hill confirme son statut d’acteur à multiple casquette d’un Hollywood en manque de fraîcheur. Un duo qui fonctionne plus que bien à l’écran.
Excellente révélation, la sexy et magnifique Margot Robbie dans le rôle de la seconde femme de Jordan Belfort, Naomi Lapaglia, est la représentation même de la femme parfaite selon ce dernier : belle, capricieuse et incroyablement désirable.
Mentor de Jordan Belfort, Mark Hanna, interprété par l’excellent Matthew McConaughey: charismatique et audacieux dans son jeu, McConaughey arrive sans aucun problème à nous convaincre de nous dévergonder à notre tour.
Sans oublier, la petite « French Touch » du film avec Jean Dujardin, interprétant le banquier Suisse Jean-Jacques Saurel, qui va aider Jordan Belfort, Donnie Azoff et leurs proches, à détourner des millions de dollars. Seul acteur peu crédible, il ne fait que reproduire les mêmes mimiques que dans le reste de ses films. Dommage.
Sans pour autant détrôner et dépasser le chef-d’œuvre de Scorsese: Casino, sauf par sa durée (d’une minute seulement), Le Loup de Wall Street accentue le désir fort du cinéaste de montrer et pointer du doigt une vérité cocasse. Un classique qui se hissera rapidement dans la filmographie du réalisateur.
Véritable festival musical, Le Loup de Wall Street mélange les genres et les auteurs. Le compositeur n’est autre qu’Howard Shore, n’hésite pas à sortir des sentiers habituels et nous propose un cocktail explosif de sons aux goûts sucrés et non déplaisant pour les oreilles … et mes yeux.
Scorsese à travers cette nouvelle aventure, marque très clairement un retour explosif en nous livrant un joyau moderne, habile et délirant. Sans se noyer dans le film moralisateur et le pathos, le cinéaste habille cette tragique histoire par une euphorie trash pleine de décadence. Et on aime !
Christelle Cozzi