Le Livre de la Jungle: Interview avec le réalisateur Jon Favreau et Neel Sethi

Lundi dernier, Skript.fr a eu la chance de pouvoir rencontrer une partie du casting du nouveau film évènement de Disney: Le Livre de la Jungle. Durant une vingtaine de minutes le réalisateur Jon Favreau, connu du grand public pour son travail de metteur en scène sur les Iron Man 1 et 2, et Neel Sethi, jeune interprète bluffant de Mowgli ont répondu à nos questions avec grand plaisir…

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Quel était votre état d’esprit durant la construction de ce projet ?

John Favreau: Rester fidèle au film d’origine était une gageure. Le roman d’origine est relativement sombre tandis que le film animé de  Disney, celui sorti dans les années 60, est une comédie musicale destinée aux enfants, beaucoup plus légère et amusante. Nous avions ce double héritage à respecter en plus de nouvelles possibilités que nous offraient les technologies d’aujourd’hui. L’imagerie de 2016 nous permettait de plonger le spectateur dans cette dimension aux aspects parfois effarants du roman d’origine. Nous sommes aussi revenus aux classiques de Disney, les « 5 classiques » de l’âge d’or du studio: Blanche Neige, Bamby, Fantasia, Dumbo…  Ces films étaient beaucoup plus sombres à l’époque que le Jungle Book de 1967. Cela nous a beaucoup aidés et inspirés.

Mowgli, dans ce film, est un rôle très physique…

Neel Sethi: J’ai eu plusieurs semaines d’entrainement intensives avant de commencer le tournage. C’était pour moi l’occasion d’apprendre à devenir le plus souple possible et rendre crédible mon personnage. Lorsque je suis poursuivi par un tigre, je ne peux me retourner et lui dire « Attends Tigrou, je dois passer cet obstacle ». Il fallait que je me dépatouille au mieux pour que le rendu à l’image soit le plus spectaculaire possible.

Le film traite aussi du conflit qui peut exister entre la « nature humaine » et la « nature sauvage ». Désiriez-vous mettre en avant ce thème ?

Jon Favreau: Dans le film nous sommes face à de nombreux mythes fondateurs, existant dans la plupart des cultures du monde comme celui de l’enfant sauvage. Lorsque j’ai commencé à travailler sur ce long-métrage, je n’avais pas vraiment en tête cette notion. Mais peu à peu, cette idée est apparue comme la spécificité de la génération à laquelle je voulais m’adresser. Nos enfants ont aujourd’hui un autre rapport avec la nature, ils ne peuvent plus la voir comme un élément menaçant, mais plutôt une part importante de notre monde à laquelle nous devons apporter tout notre respect et toute notre protection. C’est le message qui est finalement apparu à mes yeux et celui que j’ai voulu transmettre aux jeunes spectateurs.

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Comment jouer et travailler face à des personnages fictifs ?

Neel Sethi: J’ai travaillé aux côtés de marionnettistes, qui se couvraient d’un costume bleu et se fondaient littéralement dans le décor pour être ensuite remplacés par des animaux. Jon se cachait souvent derrière les marionnettes pour le donner la réplique. Cela m’a vraiment aidé à rendre plus dynamiques et réelles mes interactions avec les personnages.

Avez-vous eu à utiliser de vrais animaux sur le tournage ?

Jon Favreau: Nous n’avons eu recours à aucun animal sur le tournage. Mais nous avons profité d’une ressource inépuisable d’images et d’informations sur internet. Nous nous sommes inspirés de ce que nous avons pu trouver sur la toile, aussi bien pour la faune que pour la flore. Nous avons aussi envoyé des photographes travailler dans la jungle en Inde. Notre base de données était très riche. Et nous n’avons pas non plus eu à utiliser les  gestes des comédiens ou très peu. Le corps de Scarlett Johanson n’était, par exemple, pas très utile pour représenter les mouvements d’un corps du serpent. Cependant pour Christophe Walken et son rôle du Roi Louie, nous avons enregistré les moindres mouvements de son visage. Ils nous ont beaucoup aidés à réinventer ce personnage. Et par la suite nous avons construit une sorte d’hybride entre ses mouvements et mon corps qui servait à rendre vivant le corps de cet orang-outan, mais s’il vous plait ne le dites pas à ma femme: elle ne le sait pas.

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Le métrage a été tourné presque intégralement sous fonds verts, quelles ont été vos impressions lorsque vous avez découvert le film pour la première fois sur grand écran ?

Neel Sethi: C’était super ! À la fin de chaque séquence, je pouvais allez voir sur le combo, une première version, pas totalement achevée, mais qui me permettait de visionner quelque chose de plus précis: les marionnettes étaient automatiquement remplacées par une animation. Puis j’ai vu la version finale du film que j’ai trouvée géniale et bluffante à tel point que parfois je ne reconnaissais pas certaines scènes, certains plans: je me disais « mais je n’ai jamais tourné ceci ou cela ».

Dans The Revenant, Leonardo DiCaprio lui aussi fait face à un ours ! Qu’avez-vous pensé de sa performance ?

Neel Sethi: Je n’ai pas encore vu le film, mais je suis certain que son ours est un tout petit peu plus féroce et  beaucoup moins chantant b que notre Baloo.

Interview réalisée par Félix Rodriguez-Sol le 11/04/2016 à Paris