Adapté du roman fantastique The Hobbit de J.R.R Tolkien, publié en 1937, Le Hobbit : La désolation de Smaug est le deuxième volet de la trilogie cinématographique du même nom.
Bilbon Sacquet, jeune Hobbit, va se retrouver au cœur d’une aventure complexe en compagnie d’un groupe de nains et d’un magicien, Gandalf Le Gris. Suite à leurs diverses péripéties pour enfin atteindre la Montagne Solitaire, Bilbon devra récupérer le trésor détenu par le dragon Smaug afin que les nains d’Erebor puissent reconquérir leur royaume tombé dans le chaos.
Véritable roman vivant, Le Hobbit : La désolation de Smaug sera certainement le meilleur opus de cette saga.
Le jeu des acteurs est certainement l’élément le plus appréciable du film. Le casting du Seigneur des Anneaux ne s’essouffle pas, bien au contraire. L’acteur Ian McKellen interprète une fois de plus le magicien Gandalf Le Gris avec brio. Il est l’un des rares acteurs à interpréter un personnage récurrent dans deux sagas à succès. Qu’il soit Magneto dans la saga X-Men ou Gandalf chez J.R.R. Tolkien, son jeu est sans faille.
Martin Freeman, l’interprète de Bilbon Sacquet voit sa carrière décoller. Il est en tête de la série à succès, Sherlock de Steven Moffat et Mark Gatiss diffusée sur la BBC depuis 2010, dans le rôle du Docteur John Watson.
Moins connu que les deux autres, mais tout aussi talentueux, Richard Armitage a l’étoffe d’un chef dans le rôle de Thorin Ecu-de-Chêne. Tout comme Ian McKellen, il arrive à convaincre le spectateur, qui se sent réellement concerné par sa quête.
Nous ne pouvions évidemment pas omettre l’elfe Legolas, l’un des personnages incontournables de Tolkien, interprété par Orlando Bloom, toujours aussi méconnaissable dans ce rôle. D’ailleurs, ce dernier fait un grand retour après une petite absence, notamment avec son rôle principal dans Zulu de Jérôme Salle, actuellement au cinéma.
Seule présence féminine de tout le film, Evangeline Lilly endosse à nouveau le rôle de Tauriel, elfe à la tête de l’armée de son peuple. Sa présence va créer une tension entre Legolas et Kili, l’un des treize nains, interprété par Aidan Turner. Ce triangle amoureux va apporter une touche d’originalité au film, ce qui ravit le spectateur.
Si vous avez aimé le premier volet, vous savourerez encore plus Le Hobbit : La désolation de Smaug. Skript lui accorde un avis majoritairement positif. Les décors sont spectaculaires, le scénario est travaillé, les costumes ont de belles finitions, il n’y a rien à redire concernant la forme du film. Tout est extrêmement précis. Chaque personnage a sa personnalité, son histoire, son costume et son royaume. Ils ont tous une véritable identité qui leur est propre.
Nous sommes véritablement projetés dans l’univers de Tolkien avec la représentation des rapports entre les différents peuples : les nains, les orques, les elfes et les humains. Les elfes vivent dans de beaux châteaux, les humains dans de modestes villages et les orques dans des ruines abandonnées. Les décors comme les costumes, très précis, permettent au spectateur de ne pas s’y perdre. Hormis les orques, créatures dépourvues de sentiments, un mystère règne autour des autres peuples et des autres personnages. Qui est réellement sincère ?
Bien que la trame de fond de Peter Jackson ne s’essouffle pas et que son film reste proche du livre, il s’éloigne de J.R.R. Tolkien en morcelant en trois films un ouvrage condensé.
Sans le moindre doute, il s’agit du meilleur volet de la saga car il est nettement plus rythmé que son prédécesseur et aura certainement plus d’intérêt que n’en aura son successeur.
La principale différence résulte du fait que nous sommes directement au cœur de l’intrigue. Il est cependant vrai que Le Hobbit : Un voyage inattendu se devait d’être plus descriptif en tant que premier volet.
Si l’on devait le résumer en trois mots, ce serait haletant, varié et envoutant. Fantastique, action, humour et amour s’entremêlent, ce qui permet d’éviter de tomber dans le cliché du film fantastique uniquement fondé sur l’intrigue. Tout comme le jeu des acteurs, le scénario est plus travaillé, chaque scène a un but précis et rien n’est laissé au hasard. Contrairement au premier volet, certaines scènes sont vraiment très rocambolesques et marquantes. L’humour est simple mais fin, il n’y a aucune lourdeur à ce niveau.
La seule note négative que nous avons retenue est qu’il y a trop de scènes de combats. Certes, ils sont indispensables à l’histoire, mais il n’y a parfois pas de coupures entre deux combats, ce qui peut être un peu fatiguant. De plus, la 3D est décevante. Cela n’altère en rien la qualité du film mais elle aurait pu être mieux exploitée, ce qui aurait rendu le film encore meilleur.
La bande originale est signée Howard Shore, compositeur des trois volets du Seigneur des Anneaux ainsi que du Hobbit : Un voyage inattendu. Les musiques sont inédites et ont été composées spécialement pour le film. Chaque musique correspond à une scène et un caractère. Un vrai régal pour les oreilles !
Cependant nous restons assez inquiets concernant le troisième volet, car la majorité de l’intrigue se déroulant dans Le Hobbit : La désolation de Smaug, nous redoutons « le film de trop » qui pourrait desservir les deux volets précédents. Il aurait clairement fallu que Le Hobbit soit adapté en un ou deux épisode(s), mais certainement pas en trois films de près de 3h. Bien que Peter Jackson ne voulait pas que Le Hobbit soit plus modeste que la saga du Seigneur des Anneaux, il ne faut pas oublier que cette dernière comporte trois ouvrages, contrairement au Hobbit qui est un livre unique. De plus, son volume est deux fois moins important qu’un tome du Seigneur des Anneaux en terme de pages. Il est vrai que l’on ne peut reprocher à Peter Jackson d’effectuer des ellipses sur le livre, ce qui est un très bon point, mais nous craignons un « étirement » des derniers chapitres au sein du troisième volet.
Christelle Cozzi