Last Days of Summer : Notre avis

Le réalisateur Jason Reitman nous a habitués à des films humains, parlant de moment de vie et de sentiments avec un fond plein de questionnement sur la société actuelle. Mais la forme est toujours légère, presque désinvolte. Que ce soit JunoIn the air ou encore Thank you for smoking, l’humour est toujours là, fil rouge pour parler de sujet parfois durs.

Aujourd’hui, Jason Reitman réalise un film viscéral, poignant, touchant, beau et en même temps très simple. Sans humour, mais avec des points communs avec le reste de sa filmographie. Comme il le dit lui-même : « J’ai toujours été séduit par des personnages qui commettent des actes de manière inexplicable ». Et effectivement, sur le papier, difficile d’admettre qu’un évadé de prison qui prend en otage une femme et son fils se mette à faire la cuisine, réparer les marches des escaliers et changer les ampoules pendant qu’il attend gentiment de pouvoir échapper à la police. On passe donc les premières minutes à se demander comment toute cette histoire peut être crédible. Mais le reste du film se déroule avec la peur au ventre que ça finisse mal. Ces deux adultes, cassés par la vie et ses épreuves, trouvent en l’autre une possibilité de rédemption, d’une tabula rasa et c’est beau et attachant à voir.

Kate Winslet et Josh Brolin ne sont pas deux acteurs qui incarnent des personnages, et on ne peut même pas parler d’une performance exceptionnelle, parce qu’à aucun moment du film on ne s’arrête pour penser à leur jeu. C’est au-delà de ça. Ils sont simplement Adèle et Franck, deux âmes paumées qui cherchent leur chemin. On oublie que c’est pour de faux. On oublie la salle de ciné et les gens autour de soi. Tout ce qui importe, ce sont ses quelques jours de répit dans leurs vies respectives, ce qu’ils en font et comment tout ça va se finir. Last Days of Summer est porté par ce couple d’acteurs incroyables, mais c’est à travers les yeux d’Henry, le fils d’Adèle, que toute cette histoire est vécue. Et le jeune Gattlin Griffith, vu notamment en fils d’Angelina Jolie dans L’échange, est largement à la hauteur du défi proposé. Il ne se laisse pas impressionner par ses deux partenaires de taille et devient lui aussi un personnage crédible et sincère : un jeune garçon qui veut que sa mère aille mieux.

Ce qui fait aussi du dernier Jason Reitman un superbe film, c’est son ambiance pesante dès le générique ; avec une photographie et une musique lourde de sens (créer par Rolfe Kent, connu notamment pour In the Air, Sideways ou encore Dexter…) qui fait ressentir la chaleur de fin d’été dans une petite ville de campagne. Sans oublier la base du scénario : un détenu qui vient de faire 18 ans de prison pour meurtre s’évade et « prends en otage » une mère et son fils. La petite bulle dans laquelle se trouve Franck, Adèle et Henry peut éclater à tout moment. Un voisin trop curieux, une patrouille de police qui ralentit… À chaque instant, tout peut basculer. Et la tension du montage ne vous laissera pas oublier l’enjeu principal de ses quelques jours.

Très touchant et plein de sensibilité, Last Days of Summer marque un tournant dans la (jeune) carrière du réalisateur. Il montre qu’il est capable d’utiliser avec brio une autre forme de narration que l’humour pour ses histoires décalées, tout en gardant sa pâte et sa crédibilité.