La Reine des Neiges : Entretien avec Peter Del Vecho, producteur du film

En juillet dernier, nous avons eu l’occasion d’assister à un événement autour de la Reine des Neiges, le film d’animation Disney de Noël. Nous en sommes ressortis avec des impressions positives sur le film mais également une retranscription du questions-réponses qui a eu lieu entre la presse et Peter Del Vecho, producteur du film. Le voici.

Journalistes : Comment concevez-vous un film Disney ?

Peter Del Vecho : Les films Disney sont pensés de façon particulière, nous cherchons à préserver l’héritage de la tradition Disney, c’est ce qui rend nos dessins animés si spéciaux. Nos succès se bâtissent sur des scénarios uniques. D’ailleurs, sachez que Walt Disney lui-même s’était fortement intéressé à l’idée d’adapter La Reine des Neiges, ce film lui rend donc hommage. Nous essayons de respecter l’histoire au maximum pour le public, tout en y associant notre liberté de penser. Nous rendons également hommage à l’auteur de La Reine des Neiges : Hans Andersen, car le prince charmant se prénomme Hans. Il s’agit d’ailleurs d’un prince totalement charmant, sans le moindre défaut.

J. : Comment avez-vous travaillé les musiques ?

PDV : Chris Buck et Jennifer Lee [les réalisateurs, ndlr] ont voulu instinctivement faire de La Reine des Neiges, un « musical ». Leur but était d’aller au cœur de l’émotion par la musique. Elle fut très utile, notamment pour le personnage d’Olaf [le bonhomme de neige, ndlr], qui, très naïf contrairement aux humains, parvient à s’exprimer par la chanson. Les rôles de la musique et de la chanson sont fondamentaux dans ce film, voilà pourquoi Chris Buck et Jennifer Lee ont fait appel au couple Lopez [Robert Lopez et Kristen Anderson-Lopez, déjà couronné aux Tony Awards, aux Grammy Awards et aux Drama Desk Awards, ndlr]. Nous souhaitions des chansons originales, faites sur mesure pour le film.

J. : Pensez-vous revenir un jour à une animation traditionnelle en 2D ? Comme par exemple, pour La Princesse et la Grenouille ?

PDV : Bien que j’apprécie beaucoup l’animation traditionnelle, j’aime encore plus les CGI (Computer-Generated Imagery) [ensemble des images, des séquences, des animations 3D, des effets spéciaux, etc…, généré sur ordinateur, ndlr]. Disney est le seul studio à disposer d’une version aussi avancée, du moins dans le domaine du film d’animation. Nous cherchons à donner de l’émotion dans le film par l’histoire, les personnages, mais aussi par le numérique. Dans La Reine des Neiges, la 3D est issue d’un procédé stéréoscopique [ensemble de procédés qui permettent de restituer en salle la vision du relief par une projection d’images préalablement élaborées selon les techniques de la stéréoscopie : dessins, photographies, cinéma, vidéo, images de synthèse, ndlr]. Ce procédé est une telle avancée technologique qu’il nous est impossible de revenir en arrière. Nous avons commencé à le développer lors de la conception du film Raiponce en 2010. A l’origine, Raiponce ne devait pas bénéficier d’une telle technologie, mais le mouvement des cheveux de la princesse Raiponce était tellement difficiles à mettre en place qu’il a fallu repousser les limites de nos techniques cinématographiques.

La Princesse et la Grenouille, étant sorti en 2009, a pu être réalisé en version traditionnelle car nous disposions de technologies plus simples et malléables. Dans le domaine du cinéma, la technologie avance très vite, surtout dans des gros studios comme Disney, cela peut beaucoup varier d’un film d’animation à un autre. Par exemple, dans La Reine des Neiges, les personnages ont une expression faciale se rapprochant fortement de la réalité, nous n’avions jamais été à ce point réalistes dans nos films d’animation.

 

Propos recueillis par Christelle C.