Les jeux sont faits
Considérée comme ambassadrice des dystopies adolescentes, la saga Hunger Games a ouvert une voie si ce n’est un nouveau genre. Héritière des franchises à succès sentant bon le biactol et l’estrogène comme Twilight, elle laisse désormais place à Divergente ou autre Labyrinthe. Car oui, sortez les mouchoirs. Ainsi que votre arc et vos flèches. Hunger Games prend fin. Et nous laisse un goût… Amer.
Le film début exactement là où la première partie (totalement obsolète et simple gratte-sousous) s’achevait. Ainsi retrouvons-nous Katniss, à peine remise d’une joviale strangulation avec un Peeta « zombifié », prête à en découvre une bonne fois pour toute avec le tyran Snow. La guerre est désormais totale à Panem, devenu un Hunger Game à ciel ouvert.
Panem, Paname… Moins d’une semaine après les attentats du 13 novembre 2015, on aurait pu penser que le visionnage aurait quelque chose de prophétique. Relèverait de l’insupportable. Il n’en est rien, hélas ou bien heureusement, on ne saurait trop dire. Il n’empêche, cet ultime épisode est une déception. Fort d’un gros budget et d’effets spéciaux, on sent la volonté du réalisateur de respecter chaque détail du livre. Au point de faire de ce volet un pot-pourri. Les morts s’enchainent, c’est l’hécatombe. Qu’importe, il faut continuer. Pas le temps de verser une larme, le spectateur pourrait s’impatienter.
Devant une Jennifer Lawrence pleine de paresse et d’insensibilité, difficile de se sentir rallié à une cause supposée défendre la veuve, l’orphelin et l’opprimé. Si bien qu’au final, un peu à la manière du grand méchant Snow, on arrive à se demander pourquoi Katniss et pas une autre. Les scènes d’actions ne sont pas dignes du second volet et manquent franchement d’imagination et de tension, si ce n’est celle du métro digne de The Walking Dead ou du film d’horreur The Descent. Enfin, que dire du pseudo triangle amoureux (qui n’en a jamais été un) tournant autour de Katniss, Peeta et Gale ? Tout comme celui formé dans Twilight qui réunissait déjà à l’époque une belle équipe de bras cassés, pas une seconde nous ne croyons à un éventuel happy ending pour ce pauvre Gale campé par Liam Hemsworth. Qui doit clairement se mordre l’auriculaire d’être passé à côté de Thor. Enfin, s’il lui reste des doigts, nous pouvons toujours les mordiller ensemble… A bon entendeur (#teamgale).
On aurait pu s’attendre à un film épique qui, sans atteindre la violence d’un Battle Royal, clôturerait cette saga d’une main de fer ensanglantée. C’est loupé. Francis Lawrence fait du formidable fan service et comblera les gamines coiffées d’une tresse dans l’espoir de ressembler à l’irrévérente Katniss Everdeen. Et jamais J-Law ne nous aura autant déçus. Les amateurs de blockbuster purs et durs eux prieront tout le long le cliffhanger de folie qui fera que la magie opère. Selon nos sources, dans leurs fauteuils ils attendent toujours…
Melissa Chevreuil