L’épisode de cette semaine s’intéresse beaucoup à la progression des périls qui vont menacer la couronne au nord, avec les Sauvageons, et à l’Ouest, avec Daenerys Targaryen. Mais après l’épisode de la semaine dernière, les regards sont plutôt tournés vers les Lannister. Le mouton noir de la famille, Tyrion, est désormais explicitement accusé. Si l’épisode de la semaine est chargé en informations, je vais principalement m’intéresser aux dissensions qui traversent les Lannister.
Le patriarche et la reine-mère
Depuis le début de la série, les Lannister sont puissants puisque leurs différences sont au service de l’unité de la famille. Derrière le combattant (Jaime), le diplomate (Tyrion) et la reine-mère (Cersei), il y avait un stratège, Tywin, qui parvenait à mettre les talents de ses enfants au service du roi. Même Tyrion, clairement excédé par son neveu, respectait au moins l’autorité du patriarche qui l’avait mis au service du Roi à un poste ne correspondait en rien à ses qualités réelles.
Au fur et à mesure que ces personnages évoluaient chacun dans un univers différent, ils n’ont cessé de perfectionner leur rôle. Et dans leur quête, chacun a trouvé ses compagnons, sachant qu’ils ne pouvaient compter sur leur propre famille. Tyrion s’est trouvé deux amis fidèles en son écuyer, Podrick, et son homme de main Bronn. Jaime peut compter sur Brienne de Torth. Finalement, Cersei apparait la plus instable : sa fille, Myrcella, envoyée au loin, son odieux fils était ce qu’elle avait de plus précieux. Mais avec une telle insolence, son règne ne pouvait pas durer très longtemps.
On sentait déjà poindre une certaine mélancolie, une certaine tristesse, dans le personnage, notamment au cours de ses rencontres avec Sansa Stark dans la précédente saison. Elle lui faisait état sur la réalité des relations à la cour, un vrai bal des menteurs dans lequel elle ne faisait confiance à personne. La mort de Joffrey est donc la plus tragique pour Cersei. D’abord en termes émotionnels. Mais ensuite parce qu’il la rattachait à son rôle de reine-mère depuis le début de la série. Rôle que son père, Tywin, bafoue ouvertement lors de sa discussion avec Tommen, le futur roi, dans la chambre funéraire de Joffrey.

D’abord parce que Tywin balaie d’un revers de main le règne de Joffrey en expliquant à Tommen qu’il était un mauvais roi. Une considération froide et stratégique qui colle mal à l’état émotionnel de la mère. Ensuite parce que, dans la scène, Tywin n’a que faire des considérations de Cersei. « Ce n’est pas le bon moment pour ça » , s’agace-t-elle lorsque son père se lance dans une tirade sur les qualités d’un roi. Réplique dont Tywin ne prend pas compte, continuant son exposé. Cersei est d’ailleurs physiquement placée à côté de Tommen dans la scène, en face de Tywin. Son attitude est la même que le jeune garçon : les yeux baissés, dans la passivité et la soumission à l’égard de son père.
Reconversion
Tyrion et Jaime ont, eux, déjà compris qu’ils ne pouvaient plus jouer les rôles dans lesquels on les avait connu : le chevalier et le stratège ; ou du moins pas de la même manière. Jaime tente de se former à l’épée de l’autre main, admettant qu’il ne peut plus continuer à protéger le roi sans entraînement. Tyrion a fait le deuil de sa fonction de Main du roi en ménageant ses réseaux (Lors Varys et ses « petits oiseaux »).

Lors d’un diner réunissant Jaime et Tyrion, dans l’épisode précédent, les frères faisaient montre de leur franchise réciproque. Au cours du dîner, il apparaissait manifeste que leurs handicaps respectifs les rapprochait. Jaime s’était rendu compte que les regards de son père et de sa sœur avaient changé en même temps qu’il était devenu infirme. Il n’y avait donc guère que son frère, Tyrion qui pouvait éprouver de la compassion pour lui. D’ailleurs, ce dernier acceptait d’aider Jaime en lui proposant de s’entraîner à l’épée de sa main valide. Dans l’épisode de dimanche, Tyrion sollicite son frère auprès de son écuyer. On imagine mal ces scènes de fraternité retenue être gratuites ; l’auteur de ces lignes parie que Jaime sortira sa demi-portion de frère de la tourmente.
La maturité des deux fils Lannister ont peut-être bien, en quelques scènes, passé un gentlemen’s agreement.
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