Game of Thrones Saison 4 Episode 2 : Récap – Une chanson prémonitoire

Les scénaristes de Game of Thrones promettaient que pour cette saison, il n’y aurait pas besoin d’attendre les derniers épisodes de la saison pour parvenir à un climax. La promesse est tenue avec l’épisode 2, où l’on entend quelques notes d’une chanson rappelant de mauvais souvenirs aux fans de la série. Attention, spoilers ! (Forcément)

Sur la route

On retrouve avec plaisir Bran et ses amis Hodor, Jojen Reed et Meera. Ils continuent leur route vers un but qui reste mystérieux mais qui se précise à mesure des visions de Bran. Quelques minutes d’apparition, mais on a bien l’impression qu’elles sont importantes, puisqu’on peut y apercevoir la corneille à 3 yeux. L’animal apparaît dans plusieurs épisodes de la série de manière prémonitoire à certains événements tragiques.

 

Cet épisode est également l’occasion d’apercevoir quelques têtes connues, avec un bref aperçu de ce qui se passe du côté de chez Stannis Baratheon. Rien de nouveau sous le Soleil; lui et ses fidèles sont toujours envoûtés par Mélissandre et son Dieu de Lumière. On aperçoit également Lord Varys. Par contre, toujours pas de Gendry à l’horizon. Etant donné que le bâtard est encore au casting de la saison 4, on espère que son retour sera fracassant.

Une partie de chasse bien particulière fait réapparaître le personnage de Theon Greyjoy, que l’on avait laissé en bien mauvaise posture. Ramsay Snow, le batard de Lord Bolton, l’a brisé intellectuellement; il pousse le vice jusqu’à lui annoncer la mort de la famille Stark alors même que Theon le rase. Docile, il ne saisira même pas l’opportunité d’égorger son bourreau. La scène est l’occasion de constater qu’Iwan Rheon, déjà vu dans Misfits, joue toujours aussi bien le psychopathe.

Seulement, plus le voile de mystère autour de Ramsay était épais fin de saison 3, plus il apparaîssait terrifiant et surtout hors du jeu des pouvoirs et des familles qui font le sel de Game Of Thrones. Le voir soumis à son père et désireux de lui prouver sa fidélité le rend désormais faillible, du moins à nos yeux de spectateurs. Et puis sa nouvelle quête, la traque de Jon Snow, va l’obliger à partir sur le terrain, où il sera sûrement plus malmené qu’entre les quatre murs de son château.

The Purple Wedding

J’annonçais la semaine dernière que les mariages dans Game of Thrones n’étaient jamais très heureux; on en a encore une fois la preuve dans le présent épisode. Sauf qu’ici, ce sont les rêves des spectateurs qui sont exaucés, et pas leurs cauchemars comme dans le Red Wedding. La moitié de l’épisode est donc consacrée au mariage entre Margaery Tyrell et Joffrey Baratheon. Les Lannister ont mis les petits plats dans les grands pour la cérémonie, étrangement (mais on comprend pourquoi à la fin…) le passage à l’Eglise reste remarquablement court.

Les plus observateurs auront remarqué, à la 34ème minute, le groupe Sigur Ros déguisé en troubadours. En train d’interpréter… « The Rains of Castamere« , la fameuse chanson qui avait été jouée au Red Wedding. Un caméo qui paraît insignifiant mais qui finalement en disait long sur la fin de l’épisode ! On comprend aussi le rôle du nouveau bouffon de Joffrey, qui se nouait d’amitié avec Sansa: il sera son protecteur pendant leur fuite, comme le laisse suggérer quelques mots lâchés à la fin de l’épisode.

Pendant 30 minutes donc, la tension est palpable et chaque petit détail nous donne une raison supplémentaire d’apprécier la scène finale : le cadeau de Tyrion réduit en lambeaux, les provocations à l’égard de Sansa (à propos de sa nouvelle épée en acier valyrien: « C’est comme si je coupais la tête de Ned Stark une nouvelle fois« )… et surtout: le spectacle de nains, sorte de délire bouffon à l’image de la stupidité du personnage.

Une marionnette politique

La violence symbolique du spectacle qui est donné, face à tous les protagonistes des jeux de pouvoir, paraît d’une arrogance et d’une indécence extrême, et l’on comprend que Joffrey est allé trop loin. Le personnage n’était jusque là qu’une façade pour les Lannister, une marionnette qui n’était respectée que pour ce qu’elle incarnait (la fonction royale) et pas pour sa personnalité. Tyrion est le seul à le contredire. Ce n’est donc pas la première fois que Tyrion refuse de se soumettre à son neveu, mais ici, il y a un public pour assister à sa rebellion. Qui prend la forme d’une coupe, qu’il refuse de remplir.

Le maintien de Joffrey montrait à la fois que les Lannister avaient une certaine autorité politique et une unité familiale. On apprend désormais qu’ils n’ont désormais ni l’un ni l’autre. La discussion de Tywin Lannister avec Olenna Tyrell est aussi là pour rappeler que la maison Tyrell a une plus grande force financière… or la guerre a coûté cher. Pour Tywin, accepter l’argent de la maison Tyrell revenait aussi à abandonner une parcelle de pouvoir, en nommant une reine de leur lignée. Si dans Game of Thrones, les relations entre les personnages nous donnent l’impression d’être centrales dans les jeux de pouvoir, les ressorts classiques de la politique (argent, séduction…) restent très importants en toile de fond.

Sachant que Margaery est officiellement intronisée Reine, peut-on imaginer que les Tyrell ont, subtilement, fait basculer les rapports de force en leur faveur ?

 

Martin C.