Fear The Walking Dead : spin-off ou produit dérivé ?

A peine arrive la sixième saison des aventures de Rick, Daryl, Glenn and company que s’achève son petit frère, le très discutable Fear The Walking Dead. Une saison, six épisodes, et absolument aucun mystère élucidé. Raison parfaite de signer pour une seconde salve d’épisodes, plus d’une dizaine cette fois-ci. L’heure est donc au bilan, et contrairement aux héros très mous de l’extension, on ne va pas prendre de gants…FTWD Banner

Sur les traces de son modèle, pour le meilleur et surtout pour le pire

AMC peut se frotter les mains. 11millions de spectateurs en moyenne, plus de 15 lors du final. En dépit de sa qualité, et de la déception des fans, le spin-off fut fidèlement suivi. Il faut dire que le pitch de base est plutôt excitant. Dans The Walking Dead, le show commence au réveil de Rick, sorti on ne sait trop comment du coma (shhhht, spoiler) bien après l’apocalypse. Premiers zombies et réactions, patients zéro : ce préambule nous faisait déjà tourner la tête avec son parfum de résolution. Hélas, de ces six petits épisodes, nous n’apprendrons rien de bien nouveau.

En bon spin-off, Fear The Walking Dead a été initialement conçu avant toute chose pour satisfaire les amateurs d’hémoglobines. Pas sûr que ces derniers soient rassasiés dit en passant. Les zombies et confrontations sont assez pauvres, final de la saison à part. Surtout que la petite bande, apparemment bien plus futée que celle de Rick, comprend vite que le talon d’Achille des rôdeurs, c’est le cerveau. Et qu’une fois mort, on revient, mordus ou non. Cette tension, qui n’en est plus une pour toute personne ayant suivi de près le show d’origine, aurait tout de même pu submerger un peu plus longtemps dans cette extension.

De la tension, pour tout dire on en cherche encore. Non content de ne rien apporter en terme de théories sur l’épidémie, Fear The Walking Dead hérite du défaut majeur de son grand frère : sa lenteur. Comme chacun le sait, chaque épisode -ou presque- de The Walking Dead souffre d’un sérieux problème de rythme où sur le fameux format du 42 minutes, trois quart d’entre elles sont à jeter. On a alors tendance à lui pardonner bien vite ce petit défaut pour les fameuses dix minutes totalement WTF où l’excitation atteint son paroxysme. Pas de bol pour Fear the Walking Dead, qui a justement oublié d’incorporer au programme ses fameuses dix minutes d’adrénaline.FTWD images001

Que peut-on espérer ?

Vaut mieux ne pas compter sur un miracle et l’arrivée surprise d’un personnage scientifique (avec ou sans coupe mulet) ayant réponse à toutes nos questions. De toute manière, le scénariste n’a jamais réalisé ce spin-off dans ce but. Il serait donc chose bien plus raisonnable d’espérer la base même de la série, DES ZOMBIES ! Parce que oui, chez Skript comme ailleurs, on aime ça, petits pervers que nous sommes. Des yeux éclatés, des morceaux de peaux qui tombent en lambeaux, de la chair et du boudin. Le nouveau terrain de jeu dévoilé dans le sixième et dernier épisode promet de belles possibilités de combat où toute fuite semble plutôt compromise. On en salive déjà à l’avance.

Aussi, si dans ces six épisodes aucun personnage ne s’est révélé, on attend un peu plus de charisme de l’équipe centrale. Nick, sosie non-officielle de Johnny Depp, aussi héroïque qu’héroïnomane semble plus que prometteur et a là un bon potentiel de personnage secondaire mais essentiel à la Daryl. Quelques doutes persistent néanmoins sur Travis, Rick bis de cette extension, qui il faut bien l’avouer, peine à convaincre. Dur dur de rivaliser avec la voix grave d’Andrew Lincoln et ses balades en cheval, tellement badass. Fin de saison mi-figue mi-raisin donc. On attend la seconde saison pour se fixer et savoir si Fear The Walking Dead n’est qu’un goodie à pognon ou un véritable autre point de vue sur la fin du monde. En attendant, régalons nous avec la sixième saison de la série d’origine, où notre envie de zombie en putréfaction semble avoir été entendue-et pas qu’une !

Mélissa Chevreuil

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