Exclu – American Horror Story : Tim Minear en interview

 À l’occasion de la révélation par Ryan Murphy du titre de la prochaine saison d’American Horror Story qui va s’intituler « Freak Show » , Tim Minear nous a fait l’honneur de répondre aux questions de Skript.fr, et ainsi revenir sur sa carrière.
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Vous commencez votre carrière en tant qu’assistant réalisateur, pouvez-vous nous parler de cette période ?
J’ai vraiment commencé en tant qu’assistant de production. C’est à dire la forme de vie la plus basse que l’on peut trouver sur un plateau. Je n’ai jamais réussi à être un véritable assistant réalisateur bien que j’ai fait, par moment, office d’assistant réalisateur dans quelques productions à bas budget qui n’étaient pas syndiquées.
 
Comment êtes vous entré dans le monde des scénaristes de télévision ? Comment la profession a-t-elle évoluée ?
Je voulais écrire et réaliser des films. J’ai fait un court-métrage et une des actrices qui jouait dedans était mariée à un agent de scénaristes. Il m’a suggéré d’essayer d’écrire pour la télévision. Ça ne m’était jamais venu à l’esprit. Une manière d’entrer dans ce monde est de choisir une série existante et d’en écrire un « spec script » [ndt : sorte de candidature spontanée sous la forme d’un scénario d’épisode pour une série.] J’ai choisi, parmi tout ce qui se présentait à moi, d’écrire une sitcom d’une demi-heure. J’ai écrit un « spec » de Murphy Brown. Je n’ai jamais réussi à écrire de sitcom d’une demi-heure, ce qui n’est pas plus mal. J’étais fait pour écrire des drames d’une heure. Finalement, j’ai proposé un script de X-Files, ce qui convenait beaucoup plus à ma vitesse. C’est ce qui m’a obtenu mon premier boulot – mon premier « vrai » boulot – sur Lois et Clark et, finalement j’ai fini par entrer chez X-Files.
– Comment s’est déroulée votre première rencontre avec Joss Whedon ? Que pensez-vous de son évolution aujourd’hui ?
Ma première rencontre avec Joss fut un désastre. Il est assez connu que je lui ai proposé des idées pour Buffy qui lui ont beaucoup plu mais qu’il pensait que j’étais l’homme le plus énervé qu’il ait jamais rencontré. J’ai appris plus tard qu’il avait dit aux autres de la réunion qu’il n’imaginerait jamais travailler avec moi. David Greenwalt a fini par m’embaucher sur Angel et j’ai fini par le convaincre. Je suis très fier de voir où se trouve Joss maintenant et je n’en suis pas du tout surpris.
 
De 1999 à 2010, vous avez évolué dans le Whedonverse ! Êtes-vous sorti indemne de cette folle aventure ?
Non seulement j’en suis sorti indemne mais travailler à Mutant Enemy est ce qui m’a le plus formé. J’aurai toujours des souvenirs affectueux et reconnaissants de cette période.
Depuis que vous avez rejoint American Horror Story, quelle est votre approche du thème de l’horreur dans le contexte actuel des films et des séries télé. Comment peut-on renouveler l’horreur ?
Je crois que le secret de notre succès c’est que nous racontons une histoire différente chaque année. Le public sait que tout peut arriver et que nous n’allons pas allonger les choses sur plusieurs saisons. Une série d’horreur ne peut pas fonctionner autrement.
 
Pensez-vous que les États-Unis sont un bon endroit pour les histoires d’horreur ?
N’importe quel endroit est bon pour les histoires d’horreur. Nous sommes Américains donc nous faisons cette version là.
Quel est le meilleur pays pour les histoires d’horreur ?
Comme je le disais, elles peuvent fonctionner dans n’importe quel pays.
 
La saison 3 d’American Horror Story, intitulée Coven s’est terminée le 29 janvier avec « The Seven Wonders ». La quatrième saison sera la dernière pour Jessica Lange et se déroulera dans les années 50, avec comme fond les « Freak Show ». Peut-on y voir un lien avec la saison 3 ? Pouvez-vous nous donner des idées sur ce que sera la saison 4 ?
Je pense que les liens entre les saisons sont plus subtils. Parce que nous gardons les mêmes acteurs qui interagissent donc avec des personnages différents. C’est un peu comme si la série avait commencé à se hanter elle-même.
 
Peut-on penser à American Horror Story comme une série qui traite, à travers des histoires d’horreur, des horreurs (et des erreurs) que les États-Unis ont commises pendant leur Histoire ?
Je pense qu’il y a du vrai dans cette idée, oui.
 
Qu’est-ce qu’une bonne histoire d’horreur pour vous ?
Eh bien, quelque chose qui fait peur, bien sûr, mais dans toute bonne histoire, d’horreur ou non, il y a une connexion émotionnelle avec les personnages.
 
Propos recueillis par Adrien P.
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You start your career as an assistant director, can you tell us about this period, and about cinema ?
Really I started out as a PA, or Production Assistant. Which meant I was the lowest form of life on a set. I never made it into being a real assistant director, though I did do stints as assistant director on some non union low budget productions.
 
How did you get into the world of the screen writers for tv ? How the profession evolved ?
I wanted to write and direct movies. I made a short film and one of the actresses in it was married to a writers’ agent. He suggested I try writing television. It had never occurred to me before. One way you get into that is to pick an existing show and write a « spec » or sample of that show. I chose, of all things, to write a half hour sitcom. I did a spec script of Murphy Brown. I never did crack the half hour sitcom, which is just as well. I was meant for hour drama. Eventually I specced an episode of The X-Files, which was much more my speed. That sample got me my first job — first « real » job — on Lois and Clark, and eventually got me on The X-Files itself.
How was your first meeting with Joss Whedon ? And what do you think of his evolution ?
My first meeting with Joss was a disaster. It is famously known that I pitched some Buffy ideas which he really liked, but he thought I was the angriest man he had ever met! I later learned that he told the others in the meeting that he could never envision working with me. David Greenwalt ended up hiring me for Angel and someone I won Joss over. I’m very proud of where Joss has taken himself, though not a bit surprised.
 
From 1999 to 2010 you’ve evolved in the Whedonverse! Are you emerged unscathed from this crazy adventure ?
Not only unscathed, but working at Mutant Enemy is what shaped me more than anything else. Will always look fondly and gratefully at that time.
Since 2011 you joined American Horror Story, how you approach the world of horror theme in the current context of Tv and movie! How to succeed renew this theme ?
I think the secret to our success is that we tell a stand alone story each year. So the audience knows that anything can happen and that we won’t be dragging things out over the course of several seasons. That’s the only way a horror show like ours could work on TV.
 
Do you think the USA are the suitable place to Horror Stories ? Why ?
Anywhere is suitable for horror stories. We’re Americans, so we do that version!
To you, wich best country may well have its own Horror stories ?
As I say, any country it could work.
 
Season 3 AHS: Coven will end next week with « The Seven Wonders ». (29 january). The 4th season will be the last for Jessica Lange and will run in the 50s. « McCarthyism » was frequently called witch hunt … So, could we see links with the season 3 ? Can you give us some other ideas about this 4th ?
I think the links between seasons more subtle. Because the same actors are interacting as different characters, it’s almost like the show has started haunting itself.
Can we think AHS becomes increasingly a series dealing with the horrors (and errors) U.S. policies throughout History, thanks to horror stories ?
I think there is some truth to that idea, yes.
 
Finally, to you, what’s a good Horror Story ?
Well, something scary of course — but any good story, horror or not, is about an emotional connection to the characters.
 
Interview conducted by Adrien P.
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