It’s Like It’s Hot
« Dope »: Beaucoup savent que le mot est synonyme de drogue (merci à l’ami Snoop Doggy Dog, qu’est-ce qu’on attend ?). Mais peu d’entre eux connaissent son autre signification. « To be dope », c’est être cool, frais, zen, branché. Si le film au titre éponyme remplit parfaitement sa part du contrat concernant la première signification, on a encore quelques peines à le juger comme film « in » du moment.
Malcom est un looser magnifique. Meilleur ami idéal, victime de choix pour les brutes épaisses, il espère finir dans une faculté de la prestigieuse Ivy League malgré le quartier « chaud »d’où il vient. Geek, fan des années 90, de sa musiques et ses imprimés kaléidoscopique, il a pour (seuls) amis Jib, indien qui préfère être caractérisé comme « nigga » et Diggy, lesbienne revendiquée. Bref, Malcom a tout pour être le parfait marginal d’un film grand public. Assoiffé de popularité, il se rend à l’anniversaire du baron de la drogue local dans l’espoir que la jeune et jolie Nakia lui accorde une danse. De ce petit bal avorté par une descente de flics, Malcom repartira avec sa virginité intacte mais aussi et surtout un sacré paquet de « Molly » à écouler.
Comédie, drame, on ne sait jamais vraiment à quoi s’en tenir. Et c’est bien là le problème. A l’image de son personnage principal Malcom, difficile de cerner le film. Plutôt lourd et potache, le film flirt souvent allégrement avec les stéréotypes et archétypes, chose totalement contre-productive. Tout n’est pourtant pas à jeter : un tempo très rythmé, des courses poursuites en vélos cartoonesques qui donnent l’envie de s’évader… On plane avec ce trio de loosers. Seulement voilà, le rêve ne dure jamais bien longtemps. Les crises existentielles et moralisatrices de Malcom veillent au grain et nous extirpe violemment de ce qui s’annonçait pourtant comme une comédie sans prise de tête.
Au casting, une belle bande d’inconnus et de guests en tout genre. Shameik Moore, rôle principal, est tout sauf une révélation. Il s’annonce pourtant comme une sérieuse concurrence pour Kristen Stewart ou Christian Bale qui comme lui n’ont qu’une seule et unique expression faciale au compteur. Pour un facteur passe encore, mais quand on est acteur, c’est plutôt pas de pot. Certains auront sûrement reconnu le groom de The Grand Budaspest Hotel, Tony Revelori. Ainsi que le rappeur ASAP Rocky ou encore Zoe Kravitz, fille de, manifestement très inspirée par Janet Jackson période 90. Comble du comble, pour un film qui se prône héritier des années Wu Tang Clan, la soundtrack demeure quasi inexistante, tant elle brille par sa discrétion.
Se voulant situé à mi-chemin entre How High et Poetic Justice, Dope ne récupère guère le caractère culte de ces dernières. C ‘est simple : à la rédac’, on en cherche encore le pourquoi du comment.
Mélissa Chevreuil