Computer Chess d’Andrew Bujaski : Notre avis

Andrew Bujaski aurait-il du s’abstenir en réalisant Computer Chess ?

L’histoire porte sur un tournoi d’échec de jeunes génies de l’informatique dans un hôtel. Seulement, un séminaire de thérapie New-Age a lieu en même temps, ce qui rend la situation plus qu’étrange.

Le scénario, pourtant original, perd toute cohérence en moins de trente minutes, ce qui est assez gênant pour un film d’une heure et demie. Une prostituée venant de nulle part, des personnages sans véritable identité et des scènes très différentes qui se succèdent sans transition rendent le scénario décousu.

Le noir et blanc accompagné de quelques montages de l’image était une bonne idée… Si elle n’avait pas été d’une si piètre qualité ! Floue sans la moindre nuance, on se demande si le film n’a pas été tourné avec une caméra défectueuse.

Le retour a la couleur durant deux minutes n’a aucun sens, d’autant que la qualité est encore moins esthétique qu’en noir et blanc. Peut-être qu’Andrew Bujaski a voulu être original en voulant faire des jeux de filtres, de netteté et de lumières, malheureusement il n’a absolument pas su maîtriser la photographie du film.

computerchess photo

Quant à la musique, présente seulement à trois reprises, elle vous détruit les tympans. Quel est l’intérêt de mettre une musique aussi assourdissante dans un film à l’atmosphère aussi calme ?

Les personnages sont si vides, si ennuyeux, si morts dans l’âme que l’on peut saluer la performance de acteurs. S’ils voulaient endormir le public, c’est réussi !

Autre point négatif parmi cet abysse de défauts, le comique. En soi, l’idée de confronter des informaticiens à des couples en pleine thérapie pseudo-hippie pouvait être drôle, mais c’était affligeant. La seule scène un minimum amusante était celle où PeterBishton (Patrick Riester) manque de faire partie de l’intimité d’un couple car le rapport entre la gêne de l’un et la liberté sexuelle des autres est cocasse.

Adapté à un public évidemment adulte, Computer Chess d’Andrew Bujaski est un film qui aurait pu être bien, mais qui s’est malheureusement auto-détruit. Entre l’incompréhension de certaines scènes et une qualité d’image catastrophique, aucun élément ne le sauve.

Au cinéma le 9 avril

Christelle Cozzi