César 2014: Interview avec Claire Mathon ( Meilleure Photo )

Nommée cette année dans la catégorie Meilleure Photographie aux Césars pour le film L’inconnu du Lac, Claire Mathon nous offre quelques minutes de son temps en répondant à notre interview:

– Parlez nous de vos débuts ? D’où vient cette envie de filmer, capter la lumière ?
Déjà avant mes études de cinéma à Louis Lumière, la place de l’image dans la le langage cinématographique m’enthousiasmais. De Bergman à Truffaut, je sentais que le travail du directeur de la photographie était à la fois riche,complexe, et en lien très étroit avec la mise en scène. 

– Quels sont vos maîtres en la matière ?

Nestor Almendros, depuis toujours. Plus « proche » de moi, Eric Gautier entre autres pour son talent de cadreur. 
 – Parlez-nous de votre rencontre avec Alain Guiraudie. Comment avez-vous collaboré avec lui sur L’inconny du Lac ?
J‘ai rencontré Alain Guiraudie par Roy Genty son directeur artistique, qui connaissait mon travail sur La Vie au Ranch de Sophie Letourneur, et ma capacité à capter et à m’adapter au réel avec des moyens réduits.
Avec Alain Guiraudie, nous avons beaucoup interrogé la justesse des lieux, les distances et les liens entre les différents espaces récurrents du film, notre distance aux personnages, la subjectivité (voir et être vu). Alain m’a très vite fait confiance pour interpréter les différents états lumineux liés aux différents moments de la journée. Il tenait beaucoup à la progression des journées, à sentir le soir tombé, que la nuit soit noire (sans artifice). Nous avons fait le choix d’attendre la « bonne » lumière.
Tout était très écrit, très pensé, très préparé.
Il m’a été assez naturel d’accompagner son regard. Il me laissait tous les jours capter des plans de nature, filmer le lac dans différentes lumières. Ce sont les plans sans comédiens qui sont dans le film.
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–  A quel point une nomination au César aide t-elle dans une carrière ?
Je ne sais pas. La reconnaissance fait toujours plaisir. J’ose espérerer que c’est plus une richesse, une ouverture du champ des possibles que le contraire. 

– Beaucoup d’opérateurs deviennent par la suite réalisateurs … une envie de mise en scène ?

Non pas du tout. J’aime trop accompagner, interpréter, me plonger dans le film des autres.

– Un ou plusieurs réalisateurs avec qui vous aimeriez travailler ?

Je préfère me laisser surprendre par les rencontres, être emmenée ailleurs et ne pas savoir encore avec qui.

– Vos projets ?
Le nouveau film de Maïwenn en mars.

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