A vif ! Le film « Flop Chef » d’Omar Sy et Bradley Cooper

Flop chef.

Vorace, la cuisine a envahi depuis déjà une belle décennie le petit écran. Toujours plus gourmande, elle s’attaque désormais aux salles obscures. Toutefois, les journalistes n’en font pas une indigestion, oh non. Au contraire, la plupart s’en lèchent déjà les babines. Quel meilleur prétexte pour expérimenter de nouvelles figures de style, de tenter de bien piètres calembours autour d’un seul et unique champ lexical : la bonne bouffe ? Amateurs de jeux de mots foireux, à table !

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Adam Jones avait tout. Avec ses doigts de fée et ses yeux bleus aciers, il avait conquis les cuisines parisiennes. Roi des fourneaux, couronné de deux étoiles Michelin, ses vices de vedette le rattrape et stop net son ascension. Devenu paria, le beau gosse au blouson de cuir décide de revenir sur les feux de la rampe et s’attaquer aux indomptables palets londoniens, dans l’espoir d’avoir sa troisième étoile.

Son titre sonne comme un bon vieux western signé Arte. Son contenu comme un téléfilm pour ménagères du dimanche Soir. Si les images, aux couleurs bien léchées, mettent l’eau à la bouche, la saveur manque clairement de finesse. Aucun cliché n’est épargné, de la guerre des chefs au pétage de plomb en cuisine devenu pain béni des télé-réalités. Le scénario, linéaire et prévisible, installe bien vite une implacable monotonie. BradleyCooper est quant-à-lui totalement sous-exploité et campe un personnage d’un vide abyssal. De ses démons, on ne sait rien ou si peu. Si petite rechute finale il y a là, difficile de la prendre au sérieux tant il est évident qu’elle ne sert qu’à faire avancer le récit.

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Une fois n’est pas coutume, il ne donne pas la réplique à JenniferLawrence mais à SiennaMiller avec qui il partageait déjà l’affiche pour American Sniper. Alors oui, le tablier lui sier à ravir et son binôme avec Brad fonctionne plutôt bien. Mais son rôle de mère courage stéréotypé à mort court vite sur le haricot (oui oui, ça se dit toujours). French touch tout à fait dispensable, Omay Sy joue une énième fois le rôle du petit « français de service ». Sans rentrer dans le bashing gratuit, il serait fort temps que l’ex doudou des SAV s’améliore en option LV1 afin d’avoir un rôle à sa juste mesure.

Pour autant, le film se laisse regarder et ouvre même l’appétit. Et sans son, ça marche aussi. Merci au charme de mister Cooper, si imparable qu’il évite de peu qu’à vif devienne un véritable cauchemar en cuisine.

Mélissa Chevreuil